Saad Hariri présidant la réunion du bureau politique du Futur. Photo Dalati et Nohra
M. Hariri s'était concerté auparavant avec les dirigeants du 14 Mars et des personnalités politiques et économiques.
« Le Courant du futur souligne la nécessité de respecter le processus démocratique dans toutes les étapes accompagnant l'alternance du pouvoir », a indiqué M. Hariri, notant que « les développements qui ont accompagné les consultations parlementaires menées par le président de la République se sont produits dans le cadre d'un plan étudié et de pressions extérieures très dures visant à changer les règles du jeu démocratique, comme ce fut le cas en 2004 avec la prorogation du mandat du chef de l'État sortant ».
« Cet état de choses a été rejeté par une grande partie des Libanais qui y a vu un coup de poignard inacceptable. Cela a conduit à des réactions populaires où les sentiments nobles se sont mêlés à quelques actes extrêmes, étrangers au comportement habituel du Courant du futur et de ses nombreux partisans sur tout le territoire libanais », a-t-il ajouté.
Et de poursuivre : « Notre sortie du pouvoir n'a pas été le fruit de l'annonce des résultats des consultations parlementaires. Elle est la conséquence d'un ordre de mission extérieur en préparation depuis quelques mois et mis en œuvre par des instruments locaux. Nous étions au courant de cet ordre de mission et l'avions considéré dès le début comme une tentative sérieuse visant à provoquer un retour en arrière et à imposer des Premiers ministres et d'autres titulaires de présidences par l'ingérence extérieure et l'intimidation intérieure. »
« Le Courant du futur se retrouve à présent dans la position qui est naturellement la sienne, celle de l'avant-garde de la défense du système démocratique. C'est la position qui avait été choisie par le Premier ministre martyr Rafic Hariri en 1998, puis en 2004-2005, et c'est d'ailleurs l'espace politique qui correspond à ses convictions nationales et à ses obligations envers tout le peuple libanais en ce qui concerne les questions cruciales qui se posent au Liban et à notre démocratie », a souligné le chef du gouvernement sortant.
« Nous avons dit dans la foulée des consultations parlementaires que l'après ne serait pas comme l'avant. Mais il semble que d'aucuns ne veulent pas prendre en compte cette donne et souhaitent plutôt miser sur des annonces faites ici ou là au sujet du compromis qui était envisagé et des documents qui avaient été préparés dans ce cadre », a-t-il relevé.
« Pour mettre un terme à toute fausse interprétation et toute tentative de falsification, j'affirme devant la direction du Courant du futur et, à travers elle, à tous les Libanais, que tout ce qui touche à ce qu'on a appelé les » 2 S « (les efforts syro-saoudiens) fait partie du passé et n'existe plus dans le dictionnaire de Saad Hariri ou du Courant du futur. Toute élaboration à partir de ce qui a été dit, publié, falsifié ou déformé est terminée et n'existe plus. Aucun papier ou clause se rapportant aux travaux du TSL et à ses relations avec l'État libanais n'a été ratifié ou signé et je considère objectivement qu'il y a une grande différence entre discuter des idées précises et les signer ou les ratifier. Quoi qu'il en soit, nous retirons tout ce qui a pu être mentionné dans le cadre des discussions et les choses restent donc au point où elles étaient », a-t-il dit.
« Le Courant du futur est, à tous ses niveaux, responsable de la protection de la paix civile et des impératifs de la coexistence entre tous les Libanais. Chaque dirigeant et membre du mouvement est responsable de la traduction de cette approche dans le discours et dans l'action. Aucun d'entre eux ne doit se laisser aller à un discours sectaire ou confessionnel qui contredit l'essence même de l'éducation politique enracinée en nous par le Premier ministre martyr Rafic Hariri.
« Si la rue est un moyen d'expression politique, elle ne devrait jamais se transformer en une arme par laquelle nous montrons notre supériorité sur les autres, ni un prétexte pour être hors la loi et montrer de l'hostilité à l'État et ses institutions », a averti M. Hariri.
« Nous sommes les enfants de cet État et nous sommes ses protecteurs. Nous sommes le pont pour accéder à l'État moderne et au bon système démocratique. La prochaine phase verra un travail continu pour mettre en œuvre cette politique », a-t-il encore dit.
« Quelques jours nous séparent du sixième anniversaire du martyre de Rafic Hariri, Bassel Fleyhane et leurs compagnons. Cette commémoration sera, comme chaque année, l'occasion d'unifier les Libanais autour de la cause de la justice et la vérité et de refuser le crime politique organisé », a-t-il lancé, invitant les responsables du Futur à examiner dans les prochains jours, en coordination avec les alliés, les modalités de cette commémoration, le 14 février.


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