Juste après l’explosion, des habitants du quartier ont violemment manifesté leur colère. Ahmad al-Rubaye/AFP
Juste après l'explosion, des habitants du quartier ont violemment manifesté leur colère, lançant des pierres sur les militaires et les policiers, selon le responsable du ministère de l'Intérieur. « Certains habitants ont ouvert le feu sur les forces de sécurité, ce qui les a obligées à se retirer, a-t-il dit. Un régiment a ensuite été envoyé en renfort, et a dû tirer en l'air pour disperser la foule. » Un habitant du quartier, Hussein Mohammad al-Saadi, a affirmé que cette manifestation avait été provoquée par l'attitude du premier officier de l'armée arrivé sur place, qui aurait minoré l'importance de l'attentat, et même accusé les habitants d'en être responsables. « Le gouvernement arrête les terroristes pour les relâcher le lendemain, a accusé Abou Mohammad al-Saadi, un autre habitant âgé de 56 ans. Qu'il débarrasse nos rues des criminels ! » Un couvre-feu a ensuite été imposé sur le quartier.
Le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui assure l'intérim à la Défense et l'Intérieur, a ordonné l'arrestation du responsable de la sécurité de Choula, selon la chaîne publique al-Iraqiya. La sécurité du quartier est sous le commandement du lieutenant-colonel Ahmad al-Obeidi, a-t-on appris de source proche des services de sécurité.
Bagdad a été le théâtre d'au moins quatre autres attentats, qui ont fait cinq morts et 21 blessés, selon le responsable du ministère de l'Intérieur. Il s'agit de la journée la plus sanglante depuis le 2 novembre dans la capitale, censée accueillir fin mars le sommet de la Ligue arabe.
Cette recrudescence de violences contraste avec l'accalmie relative observée après la conclusion en novembre d'un accord de partage de pouvoir qui a permis l'investiture d'un gouvernement en décembre, neuf mois après les législatives.

