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Liban - Exécutif

Une tournée protocolaire « particulière » pour Mikati auprès de ses prédécesseurs

Le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, a effectué hier la tournée traditionnelle auprès de ses prédécesseurs, au lendemain de sa nomination pour former le prochain gouvernement.

« Nous ne sommes pas opposés aux sunnites, mais à une ligne politique dont le rendement est mauvais », a affirmé le général Aoun. Photo Charbel Nakkoul

Le Premier ministre désigné Nagib Mikati a rendu visite hier, comme le veut la tradition, aux anciens présidents du Conseil. Il s'est d'abord rendu chez M. Rachid Solh, avant de prendre le chemin de Rabieh pour conférer avec le chef du CPL, le général Michel Aoun, qui a par la suite précisé que son parti n'est pas contre les sunnites mais contre une ligne politique « dont le rendement était mauvais ».
M. Aoun a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a expliqué que les discussions « sérieuses » auront lieu à partir d'aujourd'hui avec le chef du gouvernement désigné, durant les consultations pour la composition de son équipe.
Il a ensuite commenté certaines déclarations de presse, « notamment américaines qui recelaient une sorte de menaces ». « Nous sommes un État indépendant et personne ne peut nous accuser de suivisme ou d'être un État satellite, a déclaré le général Aoun. Nous voulons être amis avec tout le monde et nous restons ouverts à la culture occidentale. (...) J'ai vécu avec les Américains qui sont un bon peuple. Je ne sais pas pourquoi ils sont en permanence hargneux avec nous. Notre objectif est d'édifier un État moderne sans corruption, de consolider l'unité nationale et de nous débarrasser des rumeurs qu'"ils" lancent pour diviser les composantes de la société », a-t-il déclaré.
Il s'en est pris à la presse « qui a fait répandre des rumeurs sur une présumée hostilité du CPL à l'égard des sunnites ». « Nous ne sommes pas contre les sunnites, mais nous sommes opposés à une ligne politique dont le rendement est, à notre avis, mauvais. J'ai souvent répété depuis notre accession à la Chambre les propos de Michel Chiha, selon lesquels celui qui essaie de supprimer une communauté supprime tout le Liban », a ajouté le général Aoun avant de conclure : « Nous accordons la priorité à l'unité nationale et à une politique qui regroupe tout le monde. S'ils (le 14 Mars) ne veulent pas participer au gouvernement, ce sera leur affaire, mais il est sûr que des sunnites seront avec nous. »
Plus tard, le Premier ministre désigné s'est rendu auprès de M. Omar Karamé et a affirmé à la presse qu'il l'a consulté au sujet de son équipe ministérielle. À son tour, M. Karamé a indiqué qu'il n'est pas possible de prévoir dès maintenant la composition du prochain gouvernement du moment que le Premier ministre sortant, Saad Hariri, et ses alliés ont annoncé qu'ils n'en feraient pas partie. « S'ils ne changent pas d'avis, un gouvernement monochrome pourra voir le jour, mais j'ai conseillé au Premier ministre de mettre en place plutôt un gouvernement de technocrates et d'hommes politiques », a-t-il dit.

« Est-ce que j'ai l'air malade ? »
Concernant sa candidature à la présidence du Conseil, il a expliqué que celle-ci n'a jamais été posée officiellement mais que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lui avait juste dit qu'il était favori. Il a alors répondu que la fonction de Premier ministre nécessitait un travail intensif et qu'il se faisait vieux. M. Karamé a ensuite ajouté à l'adresse des journalistes présents : « Mais plus tard, j'ai entendu l'oraison funèbre de sayyed Hassan à mon propos. Je suis là aujourd'hui, devant vous et je vous prends pour témoins : est-ce que j'ai l'air malade ? Quoi qu'il en soit, je resterai jusqu'au dernier souffle au service de ce pays. »
Pour en revenir à M. Mikati, il s'est abstenu de toute déclaration à la presse au terme de son entretien avec le chef du bloc parlementaire du Courant du futur, Fouad Siniora, qui a, à son tour, insisté sur le fait que le Premier ministre désigné « reste pour le moment le candidat du Hezbollah qui le soutient ». « Tout le monde connaît les circonstances dans lesquelles il a été nommé pour qu'il puisse prétendre être centriste. Mais nous verrons à l'avenir si notre position sera révisée sur base de son action », a expliqué M. Siniora tout en affirmant qu'une vieille amitié le lie depuis les bancs de l'université à M. Mikati. « Mais certaines questions dépassent l'amitié et concernent la politique », a-t-il dit, précisant qu'il a exposé à son hôte le point de vue du Courant du futur et que la décision de participer ou non au gouvernement sera prise « au moment opportun ».
En réponse à une question, M. Siniora a réaffirmé que le Courant du futur rejette les actes de violence qui ont marqué le mouvement de protestation de mardi. Prié de dire si celui-ci envisage des mouvements similaires à ceux de mardi au cas où il déciderait de boycotter le gouvernement, il a répondu : « La Constitution libanaise garantit la liberté d'expression pacifique, sans que celle-ci n'entrave la liberté des citoyens. Si une décision est prise dans ce sens, la liberté d'expression se manifestera de cette façon. »

Deux minutes avec Hariri...
La visite au chef du gouvernement sortant Saad Hariri était la dernière à l'agenda de M. Mikati. Elle n'a d'ailleurs pas duré plus de deux minutes et il semble que le Premier ministre désigné a placé une phrase à laquelle son hôte aurait à peine répondu.
Aucun des deux n'a évidemment fait de déclaration à la presse au terme de la brève entrevue.
De retour à son bureau, M. Mikati a pris contact au téléphone avec M. Sélim Hoss, qui suit un traitement médical en Arabie saoudite.

Le Premier ministre désigné Nagib Mikati a rendu visite hier, comme le veut la tradition, aux anciens présidents du Conseil. Il s'est d'abord rendu chez M. Rachid Solh, avant de prendre le chemin de Rabieh pour conférer avec le chef du CPL, le général Michel Aoun, qui a par la suite précisé que son parti n'est pas contre les sunnites mais contre une ligne politique « dont le rendement était mauvais ».M. Aoun a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a expliqué que les discussions « sérieuses » auront lieu à partir d'aujourd'hui avec le chef du gouvernement désigné, durant les consultations pour la composition de son équipe.Il a ensuite commenté certaines déclarations de presse, « notamment américaines qui recelaient une sorte de menaces ». « Nous sommes un État indépendant et personne ne...
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