« Je remercie les députés qui m'ont accordé leur confiance et je respecte l'attitude des autres, conformément aux règles démocratiques. J'ai assuré au président de la République de ma volonté d'une pleine coopération entre nous pour former un nouveau gouvernement », a déclaré M. Mikati.
« Les Libanais veulent du gouvernement qu'il préserve l'unité de leur pays et sa souveraineté, assure la solidarité entre eux, protège la coexistence et respecte les règles constitutionnelles », a-t-il ajouté.
« Demain, je procéderai aux visites traditionnelles aux anciens chefs de gouvernement et je commencerai dès jeudi à la Chambre les consultations avec les blocs parlementaires. J'ai plein espoir dans le résultat de ces consultations pour ce qui est de la mise en place prochaine du nouveau gouvernement », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « J'aspire à ce que ce gouvernement puisse affronter, de manière responsable et dans un esprit national rassembleur, tous les défis qui nous attendent et qu'il soit à la hauteur des espoirs des Libanais. Je suis sûr que pour sortir de la situation délicate que nous traversons, il faudra des mesures non traditionnelles de nature à redonner aux institutions, et en particulier à la présidence du Conseil, leur rôle rassembleur, tout en s'en tenant de manière totale au principe de la séparation des pouvoirs, de l'équilibre et de la coopération entre eux, conformément à l'accord de Taëf, à l'application duquel nous sommes attachés. »
« Pour être en mesure d'affronter les défis qui nous attendent, nous devons coopérer avec tous les leaderships libanais. C'est pourquoi j'avais dit la veille et je répète aujourd'hui que ma main est tendue à toutes les parties pour prendre part à la responsabilité nationale et mettre un terme aux divisions et aux tiraillements dans un contexte de confiance réciproque et par le biais d'un dialogue national couvrant tous les sujets litigieux. Ce dialogue doit se dérouler à l'écart de toute polémique, de toute suspicion et de toute attaque blessante », a continué le Premier ministre désigné.
« Partant de cet esprit d'ouverture, je ne vois rien qui justifierait le refus d'une fraction politique jouissant d'un rôle et d'une position de participer à ce chantier de sauvetage. Je lance un appel sincère à toutes les parties pour aller au-delà de certaines considérations et prendre part à une action commune fondée sur les constantes acceptées unanimement par les Libanais. Je suis certain que les solutions sur lesquelles nous nous entendrons auront le soutien des États étrangers. Le retour de l'entente au sein du peuple libanais serait un acquis qui inciterait les pays amis et frères à nous aider à faire face aux objectifs des ennemis qui cherchent à frapper l'unité du Liban, ses institutions et les réalisations de sa résistance nationale face à l'occupation israélienne », a-t-il dit.
« Le gouvernement que je cherche à former fixera dans sa déclaration ministérielle les règles fondamentales de sa politique dans tous les domaines, en particulier les questions sociales et économiques qui ont ma priorité », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'une cohésion au sein de l'équipe gouvernementale.
« Les résultats des consultations parlementaires ne sont pas une victoire d'une fraction sur l'autre, a affirmé M. Mikati, assurant qu'il n'y aurait » pas de place pour l'esprit vindicatif « dans l'exercice de ses responsabilités et qu'il n'hésiterait pas un instant pour « défendre la liberté d'opinion ».
Se disant incarner « la victoire de la modération sur l'extrémisme et de l'unité sur la désunion », le Premier ministre désigné a conclu en appelant à « rejeter l'anarchie dans la rue » et à « tirer les leçons du passé ».
En réponse à une question sur le TSL, M. Mikati a dit : « C'est une question qui fait l'objet d'un litige entre les Libanais et qui donc ne peut être réglée que par le dialogue. »

