« Toutes ces dernières années, les pratiques du Hezbollah et de ses alliés se sont illustrées par une série de paradoxes. Tantôt ils disent que le système libanais doit être fondé sur la démocratie consensuelle, et c'est sur cette base qu'ils étaient sortis du gouvernement et que les portes du Parlement avaient été bouclées durant 18 mois, et tantôt ils reviennent au système démocratique fondé sur le vote et le principe de la majorité et de la minorité. Tout ces retournements se font dans l'objectif d'assurer la suprématie des intérêts et des plans du Hezbollah et de ses alliés », souligne le communiqué.
« L'expérience a démontré qu'au moins depuis les législatives de 2009, les armes du Hezbollah, censées être pointées exclusivement en direction de l'ennemi israélien, ont été utilisées, directement ou indirectement, pour faire échec aux options choisies par le peuple libanais. Preuve en est que l'alliance qui avait remporté les élections a été empêchée de traduire ce résultat dans la formation du gouvernement », poursuit le texte.
Pour le Futur, « ce qui a aggravé les choses, c'est la pression exercée par le Hezbollah et ses alliés en vue de pousser au report des consultations parlementaires prévues la semaine dernière et cela en dépit de l'hostilité de la majorité à ce report. Ces consultations s'orientaient vers une nomination libre de Saad Hariri de la part de la majorité des députés. C'est ce report qui a permis au Hezbollah et à ses alliés de parachever leur coup d'État contre le système démocratique en contraignant par la terreur et l'intimidation (des députés) à changer d'avis. Cette pratique a sonné le glas de ce qui restait encore du système démocratique libre ».
Le bloc affirme que « la démocratie ne pourra pas se redresser au Liban sous la pression des armes et de la menace de les utiliser ». Tout en exprimant son « respect total aux députés et au Premier ministre Nagib Mikati », il souligne que « la manière dont s'est déroulé le processus de désignation du président du Conseil ne fait pas de lui un Premier ministre consensuel ou se tenant au centre, mais plutôt un chef de gouvernement imposé aux Libanais par le Hezbollah, ce dernier ayant, par la bouche de son secrétaire général, mis à l'écart son candidat initial, Omar Karamé ».
Enfin, le bloc remercie le public du Courant du futur et du 14 Mars d'avoir exprimé sa colère contre la falsification de la volonté des Libanais, tout en soulignant la nécessité de respecter les institutions. Il présente ses « excuses » pour les agressions subies par un certain nombre de médias et de bureaux privés et exhorte tous ses partisans et amis à faire preuve de retenue.
Plus tard en soirée, le Courant du futur a publié un nouvel appel à ses partisans leur demandant de s'abstenir de tout discours politique sectaire, violent ou contraire à l'esprit de la coexistence.
Par ailleurs, dans une déclaration télévisée, le député Ahmad Fatfat n'a pas entièrement fermé la porte hier soir à une participation du 14 Mars au prochain gouvernement.
« Jusqu'ici, l'orientation est de ne pas participer au cabinet. Cependant, nous attendrons de voir ce que le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, fera comme propositions politiques pour prendre une décision définitive à ce sujet. Mais s'il vient appliquer l'ordre du jour du Hezbollah consistant à éliminer le TSL, toute participation sera impossible », a dit M. Fatfat.


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