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Liban

Mikati se défend d’être « l’homme du Hezbollah »

« C'est moi qui ai posé des conditions » pour être candidat, affirme le Premier ministre désigné

Le Premier ministre désigné, hier, en compagnie du président de la République.

Le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, s'est défendu hier dans une interview à l'AFP d'être « l'homme du Hezbollah », assurant que la question du tribunal international ne pourra être réglée que par le dialogue.
« S'il vous plaît, et je m'adresse surtout à la communauté internationale, ne jugez pas à l'avance ma personne ou mon comportement », a affirmé M. Mikati.
« Je le dis très franchement, cette nomination (...) ne m'engage pour le moment à aucune position politique prise par le Hezbollah, sauf à celle de la protection de la Résistance », a-t-il souligné.
M. Mikati a toutefois affirmé qu'il n'était pas gêné d'avoir été soutenu par le Hezb, précisant qu'il aurait aussi bien souhaité avoir obtenu l'appui du camp Hariri.
« Je dis merci au Hezbollah. Je le respecte comme je respecte ceux qui n'ont pas proposé mon nom. Maintenant, je vais travailler dans l'intérêt de tous les Libanais », a-t-il souligné.
Concernant le Tribunal spécial pour le Liban, M. Mikati a dit : « Arrêter le tribunal n'est plus aujourd'hui une décision libanaise. » Mais, a-t-il indiqué, « la coopération du Liban avec le TSL est une autre affaire ».
« Avant de tirer des conclusions hâtives, nous devons nous pencher de nouveau sur la question, l'étudier puis (...) la traiter à travers le dialogue », a précisé M. Mikati.
Dans une interview ultérieure à la LBC, le Premier ministre désigné s'est montré encore plus circonspect sur cette question, affirmant que toute décision au sujet du TSL devra être prise « à l'unanimité » et qu'il n'est pas question pour lui de « brader le sang des martyrs ».
M. Mikati a affirmé à l'AFP qu'il adressait aujourd'hui au Premier ministre sortant, Saad Hariri, « un message pour revoir sa position », a-t-il dit, en référence à la décision de M. Hariri de boycotter son cabinet. « Soyons à bord du même bateau, c'est dans l'intérêt du Liban. »
Il a signalé qu'en cas de refus, il formerait probablement un gouvernement de technocrates. M. Mikati a tenté de tranquilliser les États-Unis en affirmant que le Liban « ne peut qu'avoir de très bonnes relations » avec Washington. « J'espère qu'ils continueront à soutenir le Liban. Ils connaissent mon passé », a-t-il dit.
Il a par ailleurs écarté une possible déstabilisation de la situation économique à cause de son arrivée au pouvoir.
« J'ai un background d'homme d'affaires et tout le monde des affaires sait que je suis un libéral », dit-il, insistant sur son « message d'apaisement » aux marchés.
Sur la LBC, M. Mikati est apparu à la fois combatif et prudent. Défendant âprement son identité sunnite et affirmant disposer de la majorité de l'opinion tripolitaine à ses côtés, il a toutefois refusé de parler de rupture avec Saad Hariri. « Quelle que soit sa position, il restera un ami et un frère pour moi », a-t-il dit.
Mais M. Mikati s'est surtout appliqué à combattre l'idée selon laquelle il serait appelé à former un gouvernement de confrontation avec la communauté internationale et l'Occident. « Pourquoi voulez-vous que j'affronte l'Occident ? » « Personne de sensé au Liban ne peut vouloir un affrontement avec la communauté internationale », a-t-il martelé à plusieurs reprises, s'insurgeant constamment contre tout « préjugé » au sujet de la politique qu'il projette de mener et soulignant la nécessité de « respecter les engagements internationaux du Liban, sauf en cas d'unanimité nationale » dans le sens contraire.
Se refusant à se laisser classer dans les rangs du 8 Mars, en dépit de la coloration de la majorité parlementaire qui l'a nommé, il a affirmé que personne ne lui avait posé des conditions pour le soutenir dans sa candidature. « Je dirai même plus, c'est moi qui ai posé des conditions. Je laisserai aux prochains jours le soin de dire si Nagib Mikati est resté fidèle ou pas à ses constantes », a-t-il ajouté.
M. Mikati a affirmé avoir pris sa décision dimanche. « Vendredi soir, j'avais dit à des amis lors d'un dîner privé que j'avais l'intention de nommer Saad Hariri. Mais il y a eu des développements au cours du week-end qui ont eu leur effet sur moi », a-t-il dit, en s'abstenant toutefois de toute précision. Il a simplement nié être allé en Syrie depuis la chute du gouvernement et concédé avoir eu des contacts « non détaillés avec des responsables amis en Occident et dans le monde arabe ».
Affirmant avoir dès le début été contre l'accord de Doha, M. Mikati a relevé que cet accord « n'existe plus aujourd'hui ». « L'essentiel est de revenir à la Constitution. Nous devons appliquer Taëf de manière totale », a-t-il dit.
Le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, s'est défendu hier dans une interview à l'AFP d'être « l'homme du Hezbollah », assurant que la question du tribunal international ne pourra être réglée que par le dialogue.« S'il vous plaît, et je m'adresse surtout à la communauté internationale, ne jugez pas à l'avance ma personne ou mon comportement », a affirmé M. Mikati.« Je le dis très franchement, cette nomination (...) ne m'engage pour le moment à aucune position politique prise par le Hezbollah, sauf à celle de la protection de la Résistance », a-t-il souligné.M. Mikati a toutefois affirmé qu'il n'était pas gêné d'avoir été soutenu par le Hezb, précisant qu'il aurait aussi bien souhaité avoir obtenu l'appui du camp Hariri.« Je dis merci au Hezbollah. Je le respecte comme je respecte ceux qui n'ont...
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