Plus de gouvernement, des menaces sourdes, des conditions déraisonnables, une pluie de discours... tout se rejoue, cartes sur table.
De nouveau, nous sommes privés de la musique matinale et d'un réveil en douceur. Au contraire, il faut - en retenant notre souffle - écouter les absurdités de ces politiciens qui prennent un plaisir immense à gâcher notre journée dès le réveil.
Et on nous demande pourquoi nous sommes grincheux aujourd'hui, pourquoi on n'a soudainement plus envie de faire la conversation. Et pis encore, on ose nous demander si tout va bien !
Eh bien, oui. Tout va à merveille. On ne sait plus si demain on se retrouvera au chômage puisque l'entreprise n'a pas cessé de perdre tout au long de cet hiver. On ne sait plus s'il faut prendre le risque et faire le trajet jusqu'à nos universités et nos écoles, au péril d'y rester coincés. On ne sait plus s'il faut s'engager et faire venir à ce monde misérable des êtres innocents dont le seul crime serait de naître sur cette parcelle de terre. On ne sait plus s'il faut organiser les prochaines vacances quand on ne sait pas si on survivra le prochain week-end. Et surtout, on ne sait plus si on détient encore le droit de penser à demain.
Vous m'avez désisté de mon droit de rêver, de ma soif de construire, de mon envie de vivre... Et pour quoi ? Pour qui ?
Quelle serait cette cause inavouée qui mérite tant de sang et tant de destruction ?
Le conflit que nous vivons, en dépit de son allure « pacifique », est le plus violent dans l'histoire du pays. Une histoire qu'on s'obstine encore à écrire.
Aujourd'hui, il n'est plus question d'affiliations étrangères pures ou d'un conflit pour le pouvoir qui se joue ailleurs. Le conflit est là, niché parmi nous. Il a germé depuis le temps qu'il est désormais enraciné dans nos esprits.
Tuant-tuant, c'est la nouvelle logique. Tuant-tuant puisque personne n'a le droit de vivre si ce n'est pas moi et personne n'a le droit de survivre s'il ne se soumet pas à mes lois.
Maudit pays, maudits politiciens, maudit peuple !
Continuez encore à les suivre, continuez à leur applaudir, continuez à baver à chaque fois qu'ils ouvrent la bouche, continuez de croire à leurs histoires, à leurs stratégies, à leurs causes fanatiques. Continuez, continuez... Continuez votre marche jusqu'au fossé et lorsque l'ordre est lancé, n'hésitez pas à sauter. Et en vous regardant approcher du tombeau, hurlez encore à la sagesse de vos bergers, hurlez à la clarté de leur vision. Et dès que vous heurterez le sol, s'il vous reste un moment de paix, surtout ne pensez pas à vos familles ni à votre vie, ni au bien-fondé de ce que vous venez de faire.
S'il vous reste un souffle, autant faible qu'il soit, surtout n'oubliez pas, encore une fois, de beugler.


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