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Liban - Gouvernement

Consultations parlementaires : Mikati en tête avec 59 voix

Avec 59 voix, contre 49 à son rival Saad Hariri, Nagib Mikati est largement en tête des consultations parlementaires de Baabda, qui s'achèveront aujourd'hui.

La première journée de consultations parlementaires contraignantes, au palais présidentiel de Baabda, a compris hier 108 députés et s'est achevée sur des résultats largement en faveur du député Nagib Mikati, qui a été nommé par 59 députés, contre seulement 49 députés pour le Premier ministre intérimaire, Saad Hariri.
Le chef de l'État recevra ce matin les 20 députés restants, mais il est d'ores et déjà acquis que c'est M. Mikati qui formera le prochain gouvernement.
Voici le film des consultations parlementaires d'hier : les premières personnalités reçues à Baabda étaient le président de la Chambre Nabih Berry, suivi de M. Hariri, puis des anciens présidents du Conseil, Nagib Mikati et Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire du Courant du futur.
Ces personnalités ont été suivies du vice-président de l'Assemblée nationale, Farid Makari, qui n'a pas mâché ses mots : « J'ai naturellement nommé M. Saad Hariri, le poste de Premier ministre ne pouvant être pris en charge que par celui qui jouit de la plus grande représentativité parlementaire. »
Et M. Makari d'ajouter : « Ceux qui pensent que la majorité n'existe plus, depuis que quelques députés sont passés de l'autre côté de la barrière, se trompent. Il n'est pas dit du tout que leurs électeurs aient fait le même choix. Si la vie de certains élus est aujourd'hui menacée, nous sommes certains que la majorité des Libanais se trouvent toujours là où ils étaient quand ils ont voté, et le temps le confirmera. » « Mikati, a conclu Makari, c'est le candidat du Hezbollah, du 8 Mars et de la Syrie. »
Le bloc parlementaire de M. Berry a suivi. En son nom, M. Anouar el-Khalil a annoncé que son bloc avait exprimé le souhait de voir M. Mikati former un gouvernement « de salut national ».
Conduit par M. Siniora, le bloc du Courant du futur a naturellement désigné son chef « représentant par excellence de sa communauté et de son environnement humain et social ».

Hariri : « Demain sera un autre jour ! »
M. Siniora, qui avait à ses côtés M. Hariri, a précisé que son bloc parlementaire voit l'avenir sous les trois angles suivants : établissement des relations libano-syriennes sur des bases stables « tirées de l'histoire et de la géographie » et reposant sur le respect mutuel ; définition d'une stratégie de défense nationale claire, avec une nette distinction entre les armes de la résistance et celles qui sont pointées sur les Libanais ; respect de l'accord de Taëf comme point d'ancrage unique du jeu des institutions et d'une alternance pacifique.
« La mise en œuvre d'une telle politique ne saurait se faire sans une personnalité représentative au plan confessionnel - et je m'en excuse - comme sur le plan national, et nous ne voyons pas d'autre personnalité qui puisse la prendre en charge que Saad Hariri, avec tout notre respect pour les autres personnalités », a enchaîné M. Siniora.
S'approchant du micro, M. Hariri a ajouté, à demi-mot, et menaçant : « En ce qui concerne le dialogue, pour lequel nous avons toujours plaidé, nous respectons le protocole des consultations, mais demain sera un autre jour ! »
Le Courant patriotique libre devait désigner M. Mikati. En son nom, le général Michel Aoun a affirmé : « Tout ce que vous avez entendu de cette étape était faux. Je l'avais dit : il n'y aura ni incidents de sécurité ni discorde, et tout se passera dans la plus grande liberté et conformément à la Constitution (...) Le perdant doit savoir accepter la défaite. »

Un bloc, deux noms
Le moment fort des consultations de l'après-midi fut l'annonce, par Walid Joumblatt, du démantèlement de son bloc, dont une partie lui est restée fidèle, et a nommé Nagib Mikati, l'autre restant attachée à la candidature de Saad Hariri.
M. Joumblatt a donné à son nouveau bloc le nom de Front de lutte nationale, une appellation historique rappelant les années de la guerre civile. Il s'est déclaré satisfait du fait qu'il comprend, outre les députés druzes, deux députés chrétiens, Élie Aoun et Nehmé Tohmé, et un sunnite, Alaeddine Terro. « Certains ont voulu donner à ce choix une coloration confessionnelle, pas du tout, la confrontation est politique. C'est ce que le Liban a toujours été, et c'est ce qu'il restera », a dit le chef du PSP.
Auparavant, le bloc du Hezbollah (Mikati évidemment) avait rencontré le chef de l'État, suivi des députés Michel Murr et Nayla Tuéni (Hariri) et des députés de Zahlé (Hariri), en l'absence de Nicolas Fattouche, qui sera consulté indépendamment, aujourd'hui.
Prenant la parole, M. Okab Sakr a déclaré : « Le peuple est aujourd'hui très en colère ; il doit savoir quand même qu'il peut perdre la bataille de la présidence du Conseil. Mais nous gagnerons en échange la bataille de la nation et de la justice. Ce sont les hommes qui font la fonction, et non le contraire. »

Confrontation politique bis
Ont suivi les députés du bloc qui n'ont pas adopté le même choix que M. Joumblatt. Ce dernier comprenait aussi trois des couleurs de la mosaïque libanaise : Marwan Hamadé (druze), Mohammad Hajjar (sunnite), Antoine Saad, Fouad el-Saad et Henri Hélou (chrétiens).
Les blocs des Forces libanaises et des Kataëb ont nommé Saad Hariri. Au nom des FL, M. Georges Adwan a affirmé que son parti « tendait la main à tous sans exception, sous le parrainage du président de la République ». Il a affirmé que son parti doit consulter ses alliés, avant de décider de participer ou pas au prochain gouvernement.
Pour sa part, Samy Gemayel, au nom des Kataëb, a demandé aux Libanais « un peu de patience », jusqu'à ce que toutes les communautés libanaises aient appris qu'aucune d'entre elles ne peut éliminer une autre.

Le « chiisme politique »
« Il y a eu le maronitisme politique, il y a eu le sunnisme politique et, maintenant, il y a le chiisme politique, a-t-il constaté, et à chaque fois, il y a une communauté vaincue. Mais le pays ne peut tenir avec une communauté vaincue (...) Ce que nous vivons aujourd'hui ne saurait édifier un pays. Il est des constantes que nous devons tous respecter, à commencer par la justice et la souveraineté, ainsi que l'autorité sans partage de l'armée. »
Les deux derniers blocs consultés étaient ceux de Talal Arslan et de Sleimane Frangié. Ce dernier a précisé qu'à ses yeux, Nagib Mikati n'est pas « le candidat de l'opposition, mais celui du consensus ». Et de rappeler que Mikati a été nommé chef de gouvernement peu après l'assassinat de Rafic Hariri, imputé « à la Syrie, alors qu'il est un ami personnel de Bachar el-Assad ».

Le tiers de blocage
M. Frangié a ajouté qu'aux dernières élections, « neuf députés ont été imposés au Liban-Nord. Mais nous avons accepté les résultats et n'avons pas fait d'histoire. » Et d'enchaîner : « Michel Aoun est l'homme le plus représentatif sur la scène chrétienne, mais quand nous l'avons proposé à la présidence, il a été considéré comme un candidat de défi. »
Enfin, M. Frangié a conseillé à « la nouvelle opposition d'exiger le " tiers de blocage ", comme l'ancienne opposition, devenue majorité, l'avait fait ».
Les consultations s'achèveront aujourd'hui avec le bloc d'Achrafieh, les deux blocs arméniens, le bloc Mikati (avec Ahmad Karamé), les blocs du Baas et du PSNS, le bloc de Mohammad Safadi (avec Kassem Abdel Aziz), la Jamaa islamiya et les députés dits indépendants, dont Nicolas Fattouche.
La première journée de consultations parlementaires contraignantes, au palais présidentiel de Baabda, a compris hier 108 députés et s'est achevée sur des résultats largement en faveur du député Nagib Mikati, qui a été nommé par 59 députés, contre seulement 49 députés pour le Premier ministre intérimaire, Saad Hariri.Le chef de l'État recevra ce matin les 20 députés restants, mais il est d'ores et déjà acquis que c'est M. Mikati qui formera le prochain gouvernement.Voici le film des consultations parlementaires d'hier : les premières personnalités reçues à Baabda étaient le président de la Chambre Nabih Berry, suivi de M. Hariri, puis des anciens présidents du Conseil, Nagib Mikati et Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire du Courant du futur.Ces personnalités ont été suivies du vice-président de...
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