Laurent Poitrenaux, acteur bionique. Photo Michel Sayegh
«La collaboration entre nous trois est née il y a plus de vingt ans, dit Laurent Poitrenaux. Je poursuivais mes études de théâtre à la même école que Ludovic Lagarde. Quant à Olivier Cadiot, il fréquentait le café au bout de la rue. C'est donc dans le cadre de conversations informelles qu'est née cette collaboration qui se poursuivra au fil des années. Lagarde était convaincu de la force d'écriture de Cadiot et de sa capacité à être adaptée sur scène, poursuit l'acteur. Au bout donc de quelques spectacles, une véritable complicité a vu le jour. »
Mais qui est au juste ce mage qui traverse des fragments de vie parfois tristes, tantôt gais et qui leur donne, par la magie des mots, une certaine douceur, celle de l'été ? «Ce mage a pour nom Robinson, comme tous les personnages qui traversent les livres de Cadiot, souligne le comédien. L'écrivain a toujours été intrigué par ce caractère de littérature qu'est Robinson Crusoé qui a su, seul sur une île, reconstituer tout un monde. »
Ce mage-là va se plonger dans sa vie intérieure et redonner corps lui aussi à un microcosme de vie, entraînant ainsi le public dans sa boule magique.
«Cadiot a une utopie, ajoute Poitrenaux, que la littérature peut recréer un monde réel et, par son effet magique, adoucir tous les maux.
Puisant dans les souvenirs et même dans des extraits biographiques de l'écrivain, le comédien avec son micro va moduler à tout loisir sa voix et rythmer les images avec les sons. «Relayé par le sonore et le visuel, je deviens ainsi sur scène un acteur bionique», dira-t-il.
Pour servir de filtre sincère et authentique et de lien entre textes et images, Laurent Poitrenaux avoue avoir suivi une discipline corporelle pour maîtriser sa gestuelle. «Depuis le spectacle Le colonel des zouaves, j'ai travaillé avec Odile Duboc qui m'a donné les outils nécessaires pour prendre conscience de mon corps. Depuis, lorsque j'interprète un rôle, je réfléchis aux textes, mais aussi à la chorégraphie de mes mouvements.»
Pour transfigurer les mots en images, le virtuel en réel et «remettre les morts et les vivants ensemble à la bonne vitesse», selon Cadiot, rien n'est mieux qu'un mage, qui ramènerait par ces temps frileux la douceur de l'été.


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