Farès Souhaid et Carlos Eddé conversant avec le patriarche Sfeir. Photo Émile Eid
À l'issue de l'entretien, M. Souhaid a souligné qu'à l'instar de tous les Libanais, Mgr Audeh est inquiet pour l'avenir du Liban.
Le coordinateur des forces du 14 Mars a souligné, concernant le prochain gouvernement, qu'il « faut attendre la semaine prochaine pour voir les résultats des consultations parlementaires ». « Il y a deux candidats, Saad Hariri que nous soutenons et Omar Karamé qui est soutenu par un autre groupe. Notre soutien à Saad Hariri n'est pas personnel, mais il émane d'un style et d'une école politiques ayant pour bases le respect de la convivialité, de la Constitution et des accords de Taëf », a-t-il poursuivi.
À la question de savoir si les forces du 14 Mars participeront à un gouvernement présidé par Omar Karamé, M. Souhaid a noté qu'il « ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ». « Ce n'est pas uniquement la bataille de Saad Hariri mais celle du Liban. Tout le monde sait où ira le Liban, si jamais un gouvernement d'un seul bord est constitué. Nous devons donc mener une bataille de toutes nos forces pour que la personne capable de préserver la diversité du Liban arrive au pouvoir. Cette personne est aussi celle qui sera capable d'empêcher une mainmise sur le pays comme c'était le cas avant 2005 », a-t-il encore dit.
Les deux personnalités du 14 Mars se sont également rendues chez le patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, avec lequel elles ont abordé les développements politiques ainsi que les contacts en cours.
Carlos Eddé a affirmé, à l'issue de la rencontre, que « ce qui se passe dans le pays est grave ». « La partie qui a paralysé (les institutions) par le passé, participe au gouvernement pour paralyser. C'est elle qui a demandé le tiers de blocage. Si elle prend le pouvoir, ses positions seront totalement différentes. À leurs yeux, la partie qui ne possède pas d'armes devra se plier à ce que disent ceux qui possèdent les armes », a-t-il observé. M. Eddé a invité « tous les députés à prendre leurs responsabilités », précisant que « les citoyens désirent vivre au sein d'un État qui les protège et protège les institutions, sans menaces ou usage des armes ». Le Amid du Bloc national a aussi indiqué que le patriarche Sfeir a écouté les positions des deux personnalités, et qu'il est soucieux de l'unité nationale, de l'indépendance, de la souveraineté et de la liberté du pays ». Carlos Eddé a ajouté, concernant la possibilité de coopérer avec l'opposition au cas où elle arriverait au pouvoir, que le 14 Mars veut un pays souverain, libre, indépendant et démocratique, où la justice est indépendante. « Nous croyons au dialogue, parce qu'il est à la base d'une vie démocratique. Mais si l'autre partie veut imposer les choses, ce sera une toute autre affaire », a-t-il dit. Il a observé, sur un éventuel recours à la rue, dans le genre de ce qui s'est déroulé le 7 mai 2008, que « le danger est permanent ». « Mais ce genre de comportement ne m'a pas fait peur le 7 mai, pas plus qu'aujourd'hui », a-t-il conclu.


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