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Liban

Oghassabian et Youssef démontent la mécanique de « surenchères » du tandem Nahas-Bassil

Si le ministre d'État sortant Jean Oghassabian et le député de Beyrouth Ghazi Youssef ont tenu une conférence de presse « pour évoquer des dossiers financiers délicats » alors que la situation politique « est ce qu'elle est », c'est en réaction aux « surenchères, accusations infondées » et autres intox multipliées par le camp du 8 Mars. Mais aussi, pour « mettre en garde contre la logique milicienne et la mainmise sur les institutions », et dénoncer la volonté délibérée, à travers ces questions non politiques à la base, de « souiller l'image de Saad Hariri et celle du Courant du futur. Ils profitent politiquement de ces dossiers économiques et leur parti les a chargés de s'en prendre à une ligne politique bien précise dans le but d'empêcher le retour de Saad Hariri » au Sérail.
Jean Oghassabian a commencé par évoquer la question des 11 milliards, « surmédiatisée à des fins politiques : le budget pour 2005 était d'environ 10 milliards de livres par an, et jusqu'en 2009, il n'y a pas eu de budgets et c'était les douzièmes provisoires qui primaient, ce qui fait que le gouvernement avait le droit de dépenser jusqu'à 40 milliards de livres », a-t-il fait remarquer. « Près de 56 milliards ont été dépensés, la différence est donc de 11 milliards de dollars et le ministère des Finances a publié tous les détails à moult reprises, sans compter que le sujet a été débattu en commission parlementaire. Alors pourquoi parler de cela aujourd'hui ? » s'est demandé le ministre sortant, avant de détailler l'utilisation de ces 11 milliards, entre électricité, municipalités, agriculture, etc.
« Fallait-il que l'on stoppe l'État, que l'on mette un terme au soutien à l'électricité ou que l'on ne paie pas les fonctionnaires ? » a-t-il ajouté, s'arrêtant également avec forces détails sur les dons faits pendant cette période par les pays amis. Il a évoqué à ce sujet les 150 000 dollars offerts par la Bank Audi-Saradar et les 150 000 autres offerts par la Fransabank au ministère des Télécoms, se demandant pourquoi dans ce cas le ministre de tutelle n'a pas informé le Conseil des ministres de cela, ni demandé son autorisation. Ce sujet a d'ailleurs fait l'objet d'une question parlementaire adressée par Ghazi Youssef à Charbel Nahas, lequel Ghazi Youssef a tenu hier à rappeler tous les détails du scandale, à commencer par le fait que le ministre sortant Nahas « a refusé de considérer ces sommes comme étant un don, mais de l'argent public. Dans ce cas-là, il n'a pas le droit d'en disposer », a tonné le député haririen, relevant qu'il « semble que M. Nahas ait besoin de sommes pour les voler. Il veut 300 000 dollars supplémentaires pour payer des collaborateurs privés », a-t-il accusé.
Les deux hommes se sont ensuite étendus sur les dossiers du Haut Comité de secours et du PNUD, également objets de controverse, ainsi que sur le projet Sannine-Qanat Bakiche, « qui ne respectait pas les règles exigées, d'où notre refus... Lorsque le camp adverse prend sa part, tout va bien, mais lorsque cela n'est pas le cas, il entame une guerre médiatique », a condamné le ministre Oghassabian, avant d'évoquer le cas Sukleen et de démonter un par un les faux arguments du 8 Mars.
« Il faut cesser de pervertir les réalités », a-t-il enchaîné, tirant à boulets rouges sur le ministre sortant des Télécoms et son prédécesseur Gebran Bassil, qui refusent de transférer un milliard de dollars au Trésor et qui « ont décidé de changer les prérogatives d'Ogero ».
Ghazi Youssef s'est d'ailleurs longuement arrêté sur ce dossier, accusant Charbel Nahas d'avoir totalement occulté l'Inspection centrale dans la dernière polémique en date à Ogero et d'outrepasser ses prérogatives de ministre sortant des Télécoms. Le député haririen, qui a remonté le dossier jusqu'au mandat du ministre Jean-Louis Cardahi, dénonçant par la même occasion « une gabegie fondamentale dans le dossier de la téléphonie mobile par le biais d'amendements assénés au contrat des deux opérateurs ».
Et de s'en prendre ensuite au CPL, qui « essaie de trahir une longue période de réformes initiée par Rafic Hariri », révélant que Gebran Bassil dispose de « 48 conseillers, qu'il a dispatchés entre la Banque mondiale et le PNUD, le CDR, et même des compagnies privées », et que Fadi Abboud a été incapable de régler le problème des taxis à l'AIB, en raison du refus de ses alliés...
Si le ministre d'État sortant Jean Oghassabian et le député de Beyrouth Ghazi Youssef ont tenu une conférence de presse « pour évoquer des dossiers financiers délicats » alors que la situation politique « est ce qu'elle est », c'est en réaction aux « surenchères, accusations infondées » et autres intox multipliées par le camp du 8 Mars. Mais aussi, pour « mettre en garde contre la logique milicienne et la mainmise sur les institutions », et dénoncer la volonté délibérée, à travers ces questions non politiques à la base, de « souiller l'image de Saad Hariri et celle du Courant du futur. Ils profitent politiquement de ces dossiers économiques et leur parti les a chargés de s'en prendre à une ligne politique bien précise dans le but d'empêcher le retour de Saad Hariri » au Sérail. Jean Oghassabian...
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