Les ministres des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, et qatari, Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani ont discuté des "solutions" possibles avec le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, lors d'une réunion tenue dans un endroit secret./
Le roi Adballah s'est finalement "retiré de ces efforts de médiation" qui n'ont pas "abouti", a indiqué mercredi le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud el-Fayçal à la chaîne satellitaire al-Arabiya.
Mettant en garde contre une "partition" du Liban, il a estimé que la situation dans le pays était "dangereuse" après le dépôt lundi de l'acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Le Hezbollah, le mouvement armé le plus puissant au Liban, s'attend à être mis en cause et prévient qu'il se "défendra" contre toute charge.
Le parti chiite faisait pression depuis des mois sur le Premier ministre Saad Hariri, fils de Rafic, pour qu'il désavoue le TSL, ce que ce dernier refusait de faire. Le 12 janvier, ses ministres et ceux de ses alliés ont claqué la porte du gouvernement d'union, provoquant sa chute.
Depuis, la tension ne cesse de monter dans le pays: mardi, de brefs rassemblement de groupes de jeunes non armés et habillés en noir, vraisemblablement des partisans du Hezbollah, dans des quartiers mixtes -sunnites et chiites- de Beyrouth ont provoqué la panique, incitant des écoles à fermer et l'armée à renforcer sa présence dans la capitale.
Cette démarche a été presque unanimement interprétée par la presse locale comme une "démonstration de force" de la part du "Parti de Dieu", voire même une "répétition générale" avant un mouvement plus large "en réponse" à l'acte d'accusation.
"Ce qui s'est passé sur le terrain mardi matin n'est que le début d'une série de démarches progressives qui seront sans précédent et pourraient surprendre", écrivait le quotidien as-Safir, proche du Hezbollah, citant une source de l'opposition menée par le parti, sans élaborer.
Un député de la majorité parlementaire de Saad Hariri, Ammar Houry, a affirmé que les rassemblements étaient "une tentative de complot contre l'État".
Des quotidiens ont qualifié les efforts turco-qataris en cours étaient "une médiation de dernière chance".
Les ministres des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, et qatari, Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, se trouvent à Beyrouth pour tenter une médiation. Ils ont notamment discuté des "solutions" possibles avec le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, lors d'une réunion tenue dans un endroit secret.
Le parti chiite affirme que le TSL est un complot "israélo-américain" visant à le détruire. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dont le pays est le principal parrain du Hezbollah, a appelé mercredi Israël, les États-Unis et certains pays européens, à "arrêter leur incitation à la sédition" au Liban.
"Il semblerait que le langage de la violence soit de retour", s'inquiétait le quotidien an-Nahar, proche du camp de Saad Hariri, en référence à un possible recours du Hezbollah à ses armes.
En mai 2008, au bout d'une crise politique de près de deux ans, des affrontements sanglants entre les partisans des deux camps ont failli plonger le pays dans une nouvelle guerre civile, après celle de 1975-1990.


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