À la presse, M. Chami a indiqué que « ce type de contact représente une ingérence dans les affaires intérieures libanaises et constitue une violation des obligations diplomatiques et notamment de la Convention de Vienne de 1961 ». Il lui a également rappelé « la teneur des circulaires envoyées par le palais Bustros à toutes les missions diplomatiques et consulaires étrangères au Liban ».
Cité par l'AFP, un responsable de l'ambassade a souligné que Washington ne cherchait pas à s'ingérer dans les affaires libanaises. « L'ambassadrice Connelly a rencontré le ministre des Affaires étrangères en poste aujourd'hui. Elle lui a expliqué que les États-Unis entretenaient des contacts réguliers avec des personnalités appartenant à tout l'éventail politique libanais, dans le cadre de leurs activités diplomatiques », selon ce responsable qui a ajouté : « Les États-Unis ne s'ingèrent pas dans les affaires politiques internes du Liban. » Il a ajouté que « la composition du gouvernement est évidemment une affaire libanaise ».
La convocation de Mme Connelly au palais Bustros a surpris des députés du 14 Mars. Tout en considérant la décision de M. Chami comme étant normale, le député Joseph Maalouf a indiqué à l'agence al-Markaziya qu'il souhaiterait que le ministre sortant « adopte le principe d'égalité dans sa façon de se comporter avec les ambassadeurs, suivant les règles diplomatiques ».
L'ancien député Moustapha Allouche s'est dit étonné de ce que Mme Connelly soit convoquée au palais Bustros, « au moment où les ambassadeurs d'Iran et de Syrie effectuent une tournée auprès de tous les députés et des autorités ». « Je pense, a-t-il ajouté, que ce comportement est illogique et antidiplomatique, sans compter qu'il ne correspond pas aux usages diplomatiques auxquels le Liban est habitué. »
Plus tard dans la journée, M. Chami a reçu l'ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, qui a déclaré à la presse, à sa sortie du palais Bustros, avoir discuté avec son hôte de questions en rapport avec la coordination entre les deux ministères libanais et syrien des AE.
Interrogé sur le sommet turco-syro-qatari, M. Ali a exprimé l'espoir que « les responsables libanais parviennent à s'entendre pour régler les problèmes qui se posent, en appréciant à leur juste valeur les menaces qui pèsent sur la région ».
Prié de dire si ce sommet ne pourrait pas être considéré comme une ingérence dans les affaires libanaises, en l'absence d'une participation libanaise, il a répondu en indiquant que c'est le ministère turc des Affaires étrangères et non Damas qui a annoncé la tenue du sommet. Le diplomate a aussi précisé que l'objectif de ce sommet est de « trouver une issue qui soit dans l'intérêt de la sécurité et de l'entente dans la région ». « Il ne s'agit donc pas d'une immixtion dans les affaires libanaises, mais d'une consolidation de la sécurité dans la région », a-t-il insisté.


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