Le député de Tripoli, Mohammad Kabbara, a estimé que « personne d'autre que Saad Hariri n'est en mesure de former le nouveau gouvernement ». Mettant en garde contre « toute orientation contournant la décision des Libanais sunnites », M. Kabbara s'est demandé : « Qui est donc cette personnalité sunnite jouissant d'une quelconque représentativité qui, pour être Premier ministre, accepterait d'aller dans le sens contraire à son propre contexte et à sa propre base, contre sa libanité et contre l'accord de Taëf ? »
Selon lui, l'ancien chef de gouvernement Omar Karamé « connaît les orientations de l'opinion. Il ne se permettra pas de prendre part au complot infernal visant à détruire le pays ». Quant à l'ancien ministre Abdel-Rahim Mrad, M. Kabbara a indiqué « ne pas savoir ce qu'il représente ».
Résolument optimiste, Nohad Machnouk, député de Beyrouth, a assuré que « Saad Hariri sera désigné une nouvelle fois pour former le gouvernement ». Après cela, « il y aura une bataille constitutionnelle et politique autour des noms et des parts, mais tout cela aura lieu sous le label de la pacification et de la stabilité dans le pays ».
« Le nouveau Premier ministre sera Saad Hariri, point à la ligne », a souligné, de même, son collègue Ammar Houry, estimant que le chef du gouvernement sortant obtiendrait « au minimum 85 voix » au terme des consultations parlementaires que doit entreprendre le président de la République. Pour lui, les calculs de l'opposition sont « faux », car « le président de la Chambre, Nabih Berry, le chef du PSP, Walid Joumblatt, et le bloc arménien nommeront Saad Hariri ».
Le ministre sortant des Affaires sociales, Sélim Sayegh, a réaffirmé « la pleine confiance des Kataëb en la gestion gouvernementale de Saad Hariri ». « Il est le chef de la communauté sunnite et représente ce qu'il représente. Nul ne peut le marginaliser à l'heure actuelle », a ajouté M. Sayegh, estimant que M. Hariri est « le seul capable de parvenir à un compromis et de le parrainer ».
Répliquant aux propos du député Mohammad Raad sur le « Premier ministre au passé de résistant », M. Sayegh s'est interrogé : « Quand finira-t-on donc de donner des qualificatifs aux gens ? Ceux qui ne sont pas d'accord avec le Hezbollah cessent-ils d'être des patriotes ? » Et de conclure : « Personne ne dispose de la légitimité lui permettant de catégoriser les autres. Les propos de Raad n'aident pas à créer la situation à laquelle nous aspirons, car nous sommes tous au Liban des résistants. »
Le député Nabil de Freige a estimé pour sa part que les qualificatifs évoqués par M. Raad correspondent à Saad Hariri. « Que nul ne fasse de la surenchère sur les Hariri à propos de résistance, a-t-il dit, avant d'ajouter : Ceux qui ne veulent pas de la nomination de Saad Hariri cherchent la guerre. »
Selon M. de Freige, Walid Joumblatt « ne voterait pas pour quelqu'un d'autre que Saad Hariri, d'autant qu'il prendrait en considération les qualificatifs énoncés par M. Raad. Voilà pourquoi il nommera Hariri ».
Autre député de Beyrouth, Atef Majdalani s'est quant à lui abstenu de tout pronostic au sujet de la position du chef du PSP, affirmant simplement que Saad Hariri était « le candidat unique du 14 Mars » à la présidence du Conseil.
Le député FL Antoine Zahra a estimé, lui aussi, que « seul M. Hariri peut être Premier ministre aujourd'hui ». Il a toutefois fait valoir que « le 14 Mars ne le nommerait pas si lui-même ne le voulait pas ».
M. Zahra a, en outre, affirmé que les Forces libanaises ne participeront au gouvernement que si la majorité reste du côté du 14 Mars. « Il ne sera possible de savoir où se trouve la majorité que lorsque Walid Joumblatt fera connaître sa position, lundi prochain. Auparavant, il disait qu'il n'y avait pas d'alternative à Hariri. Aujourd'hui, il mène des concertations pour savoir s'il y a ou non une alternative », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a fait valoir quant à lui que « la position dans laquelle s'est mis Walid Joumblatt est tout sauf enviable ».
« Je crois qu'il traverse en ce moment les circonstances les plus délicates de sa carrière politique et peut-être que son avenir politique pour longtemps dépendra de la position qu'il adoptera », a-t-il ajouté.
Pour le député Ziad Kadri, Saad Hariri est « l'unique candidat naturel à la présidence du Conseil. Le remplacer est une impossibilité. Toute autre considération relève d'un aventurisme qui pourrait conduire au bord du précipice ».
Son collègue Hadi Hobeiche, qui se dit confiant que M. Hariri sera le prochain Premier ministre, a souligné que le débat avait été tranché par le président de la Chambre, Nabih Berry, lorsqu'il avait déclaré en octobre dernier qu'il resterait « attaché à la présence de M. Hariri à la tête du gouvernement actuel ou de tout cabinet prochain, car son maintien à la présidence du Conseil est l'une des conditions nécessaires pour faire échec à la discorde sunnito-chiite au Liban ».
Enfin, le PNL a annoncé son rejet d'un retour à une formule de gouvernement similaire à celui qui vient d'être renversé, insistant sur « la nécessité d'assurer la cohésion et la solidarité entre les ministres dans tout gouvernement futur ».


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