Le député Raad s’entretenant avec M. Karamé, en présence de Hassan Fadlallah. Photo Dalati et Nohra
Selon lui, ce qui importe n'est pas tant la teneur des rencontres effectuées par le chef du gouvernement aux États-Unis que les résultats qui en découleront. « Il reste à voir si elles vont effectivement conduire à la consolidation d'un compromis ou si elles vont se conclure par le blocage du processus », a-t-il dit.
Toutefois, a ajouté le député, « l'obstructionnisme des Américains n'est pas la fin du monde, ni la fin des processus. Les choix qui sont laissés aux Libanais, et surtout à l'opposition, sont multiples, et les substituts existent. Mais chaque chose en son temps ».
M. Karamé s'est également entretenu avec le membre du bureau politique du Hezbollah, Mahmoud Komati, qui s'est rendu chez lui à la tête d'une délégation de la Rencontre des partis nationaux. À l'issue de l'entretien, M. Komati a indiqué avoir évoqué avec son interlocuteur la question du Tribunal spécial pour le Liban qui, a-t-il dit, « sert ( à l'Occident) de passage obligé pour une intervention sur la scène libanaise et le retour du pays à l'état de chaos et à la zizanie ».
« Nous avons affirmé l'importance de la solidarité nationale et la définition d'une politique qui élimine les effets de ce complot international fomenté à l'aide du TSL et de son acte d'accusation », a-t-il ajouté, en dénonçant l'ingérence US dans les affaires internes libanaises.
Également parmi les visiteurs de M. Karamé, l'ancien ministre Wi'am Wahhab, qui a indiqué à l'issue de l'entretien que le TSL « est un complot international contre le Liban ». « Nous avons vu comment ce complot a été illustré au Soudan et comment le tribunal international a été utilisé dans ce pays ». « Maintenant que le Soudan se dirige vers la partition, on ne parle plus du tribunal. C'est ce qui va se passer au Liban s'ils parviennent à réaliser leurs objectifs à travers le TSL. »
Évoquant l'initiative syro-saoudienne, M. Wahhab a fait état de tentatives d'obstruction libanaises « encouragées par l'extérieur ». « Ce que Saad Hariri a dit est dénué de tout fondement », a-t-il dit, démentant les propos de ce dernier au sujet du non-respect de l'opposition de ses engagements.
Écartant la possibilité d'une discorde à l'issue de la parution de l'acte d'accusation, l'ancien ministre a affirmé que « le plus important est le fait que tous les responsables de ce pays ont été prévenus qu'il est interdit de traiter avec l'acte d'accusation, ou de réagir en fonction de sa teneur. Je crois que le message a été bien compris », a-t-il lancé, avant de souligner un peu plus loin que l'opposition « n'a plus rien à offrir ».
Le chef du Parti national social syrien, Assaad Hardane, a mis en garde à son tour contre les tentatives occidentales, plus précisément israélo-américaines, de miner le processus syro-saoudien qui reste, à ses yeux, « la seule issue pour sauver le Liban ».
L'ancien chef de l'État, Émile Lahoud, a indiqué que l'initiative syro-saoudienne est certes une bonne chose, mais ne suffit pas. Elle doit être accompagnée d'une entente interlibanaise et d'une position officielle unifiée qui doit être exprimée aux Nations unies et devant les grandes puissances. L'ancien ministre, Abdel-Rahim Mrad, a également mis en garde contre les interférences française et américaine visant à retarder le règlement attendu par les Libanais.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine