Mgr Sfeir accueillant le ministre Michel Pharaon.Photos Émile Eid
Répondant aux questions de la presse à sa sortie de Bkerké, M. Mitri a affirmé avoir discuté avec son hôte de la situation des chrétiens dans le monde arabe, et notamment en Égypte et en Irak, ainsi que de l'importance du mouvement musulman de sympathie en Égypte et dans le monde arabe à leur égard. Selon lui, celui-ci « doit se renforcer autour de l'idée d'égalité dans la citoyenneté ». Affirmant que les Libanais, chrétiens et musulmans, sont disposés à défendre cette idée en permanence, il a déclaré : « Les chrétiens ne sont pas une minorité ayant besoin de protection. Ce sont des ayants-droit et sont sur un même pied d'égalité que leurs partenaires dans le pays. Cela est très important. »
M. Mitri a ensuite mis l'accent sur la nécessité d'une « position claire et pratique pour interdire toute forme de violence contre les innocents, et plus particulièrement contre les fidèles qui exercent leur liberté de croyance ».
En réponse à une question, il a reconnu que certains hommes politiques libanais « ont tendance à maintenir, voire à attiser les querelles ». « Mais tout le monde est conscient qu'il est dans l'intérêt de tout le monde de préserver la stabilité du pays et que, pour cela, il est nécessaire d'adopter une attitude politique différente de celle qui est actuellement prise et opérer un retour aux institutions constitutionnelles », a-t-il commenté.
M. Mitri s'est arrêté sur les propos du chef du gouvernement, Saad Hariri, au quotidien al-Hayat, et souligné l'importance de ce qu'il a dit au sujet de l'initiative syro-saoudienne en faveur du Liban tout en mettant l'accent sur la responsabilité qui incombe aux Libanais pour assurer sa réussite, « en engageant un dialogue entre eux et en s'entendant entre eux pour préserver la stabilité du pays ».
Plus tard, le patriarche a reçu le député Ziad Kadri, qui s'est arrêté dans sa déclaration à la presse sur le blocage politique à cause de l'affaire des « faux témoins ». Le parlementaire a accusé le 8 Mars d'être à l'origine de cette paralysie, estimant que « rien n'empêche un peu d'humilité et de concessions pour s'occuper des intérêts de la population ». À l'instar de M. Mitri, il a jugé que les efforts étrangers en faveur du Liban ne peuvent pas aboutir « en l'absence d'un effort interne pour dégager des solutions à la crise ».
Interrogé au sujet de la proposition de loi de M. Boutros Harb, interdisant la vente de terrains entre musulmans et chrétiens, il a relevé que c'est pour des considérations politiques et non pas communautaires que le ministre du Travail a présenté ce texte. « Les opérations foncières effectuées ne sont pas spontanées ou commerciales, mais sont politisées et organisées », a-t-il fait valoir, estimant que l'importance de la proposition de loi réside dans le fait qu'elle provoquera un débat à ce sujet. M. Kadri a ensuite indiqué que le patriarche est du même avis.
Au terme de son entretien avec Mgr Sfeir, le ministre Michel Pharaon a estimé que « l'ensemble des Libanais souhaitent plus d'attention à leurs problèmes en 2011, à travers la reprise des réunions du Conseil des ministres dont la paralysie reste injustifiée ».
M. Pharaon a également émis l'espoir de voir « plus d'attachement aux engagements internationaux et locaux, et davantage de mesures sérieuses prises pour rejeter la violence et le terrorisme pratiqués au nom de la religion ».
L'ambassadeur de Jordanie, Ziad Majali, a rendu un vibrant hommage au patriarche Sfeir, estimant que « le langage de la raison et de la sagesse qu'il tient parvient même à ceux qui ne veulent pas entendre, surtout que son objectif est de sauvegarder la sécurité et la paix au Liban ».
Parmi les visiteurs de Bkerké, l'ambassadeur d'Italie, Giuseppe Morabito, ainsi que l'ancien ministre des Finances, Jihad Azour, que le patriarche a retenu à déjeuner.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine