À Alexandrie, la police antiémeute a érigé des barrages routiers aux abords des églises. Asmaa Waguih/Reuters
Le patriarche copte-orthodoxe Chenouda III a assuré qu'il entendait célébrer la messe de Noël comme chaque année. « Ne pas prier voudrait dire que le terrorisme nous prive de la célébration de la naissance du Christ », a-t-il déclaré, cité par le quotidien al-Ahram. Le Noël copte-orthodoxe a lieu vendredi, également jour de prière pour les musulmans. Les célébrations commenceront jeudi, avec les traditionnelles messes de veille de Noël.
Outre les risques d'attentats, les autorités redoutent de nouveaux heurts avec des manifestants chrétiens, ou des incidents entre chrétiens et musulmans. Dimanche, 45 policiers et 27 autres personnes ont été blessés dans des heurts entre chrétiens coptes et policiers au Caire, en marge d'un rassemblement de plusieurs centaines de personnes dans l'enceinte de la cathédrale Saint-Marc, où siège Chenouda III. Les manifestants s'en sont pris aux officiels qui venaient présenter leurs condoléances. Au Caire, quelque 200 intellectuels et artistes égyptiens ont manifesté hier dans le centre-ville pour dénoncer l'attentat. Ils portaient notamment des pancartes avec la croix chrétienne et le croissant musulman et l'inscription « L'Égypte, un seul peuple ».
Les condamnations ont continué à affluer hier. Le grand mufti d'Arabie saoudite, Cheikh al-Cheikh, a dénoncé un attentat « mené par des ennemis de l'islam ». La chancelière allemande Angela Merkel a fait part de son « horreur et effroi » et le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a évoqué un « acte barbare (...) en contradiction flagrante avec les enseignements de l'islam ».
Les coptes, ou chrétiens d'Égypte, représentent 6 à 10 % des quelque 80 millions d'Égyptiens. Ils sont en grande majorité orthodoxes, même si la communauté compte environ 250 000 coptes-catholiques. Un groupe irakien de la mouvance d'el-Qaëda, qui a revendiqué l'attaque contre une cathédrale de Bagdad fin octobre (46 morts parmi les fidèles), a lancé des menaces à leur encontre, les accusant de maintenir prisonnières deux épouses de prêtres coptes qui se seraient converties à l'islam. L'église des saints d'Alexandrie figurait d'ailleurs sur une liste d'une cinquantaine de lieux de culte coptes, en Égypte et à l'étranger, désignés début décembre comme cibles par un site Internet d'el-Qaëda.
En France, une enquête a été ouverte après le dépôt d'une plainte par un prêtre d'une église copte-orthodoxe en banlieue parisienne. En Allemagne, l'évêque copte Anba Damian avait fait part de son inquiétude aux autorités avant même l'attentat d'Alexandrie.

