La levée de fonds auprès des 16 banques centrales nationales de la zone euro doit se dérouler en trois étapes d'un montant égal de 1,163 milliard d'euros. La première a lieu ce mercredi, les deux autres suivront fin 2011 puis fin 2012.
L'opération est toutefois un simple jeu d'écritures, qui n'implique pas de transfert effectif d'argent.
La part de chaque pays membre de la zone euro est calculée à partir de sa participation au capital de la BCE. Les pays de l'Union européenne qui n'ont pas adopté la monnaie unique et qui ont souscrit pour un total de 30 % au capital nominal de la BCE participent aussi à l'opération, mais pour un montant symbolique de moins de 100 000 euros.
Les nouveaux membres de la zone euro, par exemple l'Estonie qui passera à la monnaie unique au 1er janvier, participeront aux prochaines levées de fonds.
La BCE a justifié son augmentation de capital par « la nécessité de disposer d'une base adéquate en capital dans un système financier qui a crû considérablement ».
L'institution a mis en place ces derniers mois une série de mesures anticrise en direction des banques avec des prêts de liquidités illimités à taux fixe, et par le biais d'une intervention directe sur le marché obligataire, en achetant des titres de dette des pays les moins solvables de la zone euro.
Au vu des difficultés persistantes de certains d'entre eux, ce programme d'achats d'obligations, mis en place au printemps et au titre duquel la BCE a déjà dépensé 73,5 milliards d'euros, va vraisemblablement continuer dans les semaines à venir.
Sur un autre plan, les banques de la zone euro ont continué en novembre à attribuer davantage de crédits au secteur privé, avec une croissance des prêts de 2,0 % sur un an, mais la situation reste bien plus difficile pour les entreprises que pour les ménages. La hausse de 2,0 % en novembre fait suite à une croissance de 1,5 % sur un an en octobre et poursuit l'amélioration enregistrée depuis la mi-2010, selon des données provisoires publiées mercredi par la Banque centrale européenne (BCE). « Cette évolution renforce le point de vue de la BCE selon lequel l'évolution du crédit (jusque-là négative) s'est retournée » en 2010, a commenté Michael Schubert, économiste à Commerzbank.
Mais cette croissance masque une forte disparité entre les crédits aux particuliers, qui continuent à bien se porter, et les prêts aux entreprises, toujours en recul.
Ces derniers ont régressé de 0,1 % en novembre, illustrant la défiance des banques. À l'inverse, les prêts aux ménages ont crû de 2,7 %, avec une forte hausse du crédit immobilier.
« Bien que les chiffres de novembre soient assez encourageants, une inquiétude notable demeure sur la capacité et la volonté des banques à offrir le crédit nécessaire pour soutenir la croissance de l'économie », en particulier dans les pays de la zone qui connaissent le plus de difficultés, a ajouté Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.
De son côté, la masse monétaire M3, qui sert à la BCE à déceler des menaces inflationnistes à moyen terme, a progressé de 1,9 % en novembre sur un an, après 0,9 % en octobre.
Le rythme de croissance de la masse monétaire reste toutefois « très modéré » et « il n'y a toujours aucun risque au niveau de la stabilité des prix en zone euro », a jugé Heinrich Bayer, de Postbank.

