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Économie - Commerce

Dilma Rousseff face au défi de maintenir la compétitivité du Brésil

La plus grande économie d'Amérique latine est menacée par le boom des investissements et la « guerre des monnaies ».

Jefferson Bernardes/AFP

Dilma Rousseff, qui succède samedi au président Luiz Inacio Lula da Silva, a pour défi de maintenir la compétitivité de la plus grande économie d'Amérique latine menacée par le boom des investissements et la « guerre des monnaies ».
La présidente élue a déjà envoyé un signal clair aux milieux économiques : elle a maintenu à son poste l'actuel ministre des Finances Guido Mantega, un gage de continuité de la politique suivie sous les huit ans de gouvernement Lula.
Elle hérite en effet d'une conjoncture économique très favorable qui a fait du Brésil la huitième économie mondiale. Lula a affirmé mardi que le pays « sera la cinquième économie du monde avant les Jeux olympiques » de Rio de Janeiro en janvier 2016, et peut-être même « avant », lors d'un déplacement dans l'État de Pernambuco (Nord-Est).
Le chômage est à son niveau le plus bas (5,7 %), le produit intérieur brut du géant latino-américain devait progresser cette année de 7,6 % et l'inflation est sous contrôle à 5,4 %.
Et quand il quittera le pouvoir le 1er janvier, Lula aura sorti 29 millions de personnes de la misère. Aujourd'hui, la moitié des 191 millions de Brésiliens font partie de la classe moyenne, selon la Fondation Getulio Vargas.
Alors que la consommation interne atteint des niveaux record, l'appétit des investisseurs étrangers pour le marché brésilien est également énorme.
Cette année, l'investissement direct étranger atteindra quelque 30 milliards de dollars et grimpera à 45 milliards en 2011, d'après des estimations de la Banque centrale.
Néanmoins, cet intérêt grandissant pour le marché brésilien inquiète les autorités financières et les industriels du pays.
Comme d'autres pays émergents, le Brésil souffre des distorsions de change et de l'entrée massive de dollars dans le pays qui valorisent la devise locale, le real, ce qui menace la compétitivité des produits brésiliens.
Depuis l'arrivée de Lula au pouvoir en 2003, la devise brésilienne s'est appréciée de près de 109 %.
L'excédent commercial prévu pour 2010 est de 17,3 milliards de dollars, mais ce résultat est en recul de près de 40 % par rapport à 2009. En 2011, le Brésil table sur une amélioration de sa balance commerciale avec un excédent de 26,1 milliards de dollars, selon l'Association du commerce extérieur (AEB).
Lula a accusé à plusieurs reprises les États-Unis d'avoir provoqué ce que son ministre des Finances Guido Mantega a été le premier à qualifier de « guerre des monnaies ».
« Il est très important de rappeler que le problème n'est pas le Brésil. Le problème est que toutes les monnaies sont surévaluées face au dollar parce que les États-Unis doivent trouver la façon de relancer leur économie » après la crise, a dit le président brésilien avant le sommet du G20, en novembre à Séoul.
Pour endiguer la hausse du real qui porte préjudice aux industriels et aux exportateurs, le Brésil a augmenté la taxe sur les investissements étrangers spéculatifs et la Banque centrale a acheté massivement des dollars.
Ces mesures ont, en partie, porté leurs fruits, maintenant en fin d'année le real autour de la barre des 1,7 pour un dollar.
Plusieurs économistes estiment toutefois que les critiques du gouvernement brésilien contre les États-Unis sont infondées. Selon eux, le vrai remède serait une réduction des dépenses publiques qui ont explosé et une baisse du taux directeur de la Banque centrale qui attire les capitaux étrangers par son rendement inégalé (10,75 % l'an actuellement).
Mais cela suppose que Dilma Rousseff s'attaque à de difficiles réformes structurelles.
Dilma Rousseff, qui succède samedi au président Luiz Inacio Lula da Silva, a pour défi de maintenir la compétitivité de la plus grande économie d'Amérique latine menacée par le boom des investissements et la « guerre des monnaies ».La présidente élue a déjà envoyé un signal clair aux milieux économiques : elle a maintenu à son poste l'actuel ministre des Finances Guido Mantega, un gage de continuité de la politique suivie sous les huit ans de gouvernement Lula.Elle hérite en effet d'une conjoncture économique très favorable qui a fait du Brésil la huitième économie mondiale. Lula a affirmé mardi que le pays « sera la cinquième économie du monde avant les Jeux olympiques » de Rio de Janeiro en janvier 2016, et peut-être même « avant », lors d'un déplacement dans l'État de Pernambuco (Nord-Est).Le...
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