Le plan soumis par le ministre Gebrane Bassil doit encore être approuvé en Conseil des ministres.Photo Dalati et Nohra
Le plan, qui doit encore être approuvé en Conseil des ministres, vise à porter l'offre annuelle à 1 862 millions de mètres cubes et constituer ainsi des réserves stratégiques d'environ 62 millions de mètres cubes par an.
Les investissements nécessaires ont été estimés à plus de 7,7 milliards de dollars d'ici à 2020, auxquels s'ajoutent les besoins en fonds de roulement (pour le fonctionnement du secteur), estimés à près de 2 milliards de dollars pour les dix années à venir.
Selon Bassil, environ 1,6 milliard de dollars d'investissements ont déjà été engagés, mais le reste doit être financé par l'État, les fonds internationaux et le secteur privé. Ce dernier est surtout appelé à s'impliquer au niveau du traitement des eaux usées.
Dans le détail, la stratégie comprend deux volets principaux : infrastructure et gestion du secteur de l'eau.
Pour ce qui est des infrastructures, la stratégie prévoit d'abord de développer la production, notamment en construisant des barrages qui permettraient de générer 670 millions de m3 d'eau supplémentaires par an.
Les réseaux de distribution, dont la moitié a plus de 25 ans, doivent également être réhabilités pour réduire le taux de gaspillage qui s'élève actuellement à 49 %, « un des taux les plus élevés dans la région », selon le ministre Bassil.
Enfin, le plan prévoit de créer des usines de traitement des eaux usées. Le réseau d'égouts couvre 60 % de la population, mais moins de 6 % des eaux usées sont traitées. L'objectif est d'atteindre un taux de traitement de 30 % en 2012, près de 80 % en 2015 et 95 % en 2022.
Installation d'un million de compteurs d'eau
Concernant la gestion du secteur, des réformes doivent être menées aux niveaux institutionnel, règlementaire, financier et commercial.
Au niveau institutionnel, le ministre a souligné l'importance d'augmenter les ressources humaines dans le secteur. Selon les normes mondiales, le secteur devrait compter entre 2,5 et 3 employés pour 1 000 usagers. Les Offices des eaux et le ministère devraient ainsi augmenter leur nombre d'employés à 4 050, contre 1 342 aujourd'hui, indiquant à cet égard que le taux de vacances de postes s'élève à près de 82 % au sein du ministère à l'heure actuelle.
Le secteur souffre également de l'absence d'un cadre législatif et règlementaire adéquat. Un projet de loi sur le secteur de l'eau est en cours d'élaboration, a indiqué le ministre.
Au niveau commercial et financier, le plan prévoit une révision de la structure des tarifs de l'eau.
« Le Liban est l'un des rares pays au monde à pratiquer encore un tarif forfaitaire sur l'eau, a souligné Bassil. À 600 livres le mètre cube, le prix de l'eau est relativement bas. Je suis sûr que les Libanais seraient disposés à payer un peu plus pour avoir un service de bonne qualité et ne pas être obligés d'acheter des citernes d'eau. »
Le plan prévoit d'installer un million de compteurs d'eau, avec pour objectif une tarification volumétrique pour 25 % des usagers en 2012 et 75 % en 2015.
Le taux de collecte des factures d'eau doit également être relevé de 47 % actuellement à 60 % en 2012 et 80 % en 2015.
Le tarif de l'eau pour l'irrigation devrait aussi être revu à la hausse à partir de 2015 tandis qu'un nouveau tarif devrait être instauré pour le traitement des eaux usées à partir de 2011.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef