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Nos lecteurs ont la parole

Vivre ou mourir

Par MOLLY SELWAN
Vivre, c'est transmettre aux générations à venir toutes les particularités et les spécificités héritées de nos ancêtres ; qu'elles soient génétiques ou démographiques, artistiques ou intellectuelles, religieuses ou folkloriques.
Vivre, c´est projeter à travers les ondes planétaires le souffle de cette culture venue des profondeurs de l´histoire, sortie des entrailles d´une civilisation. Celle-ci déjà portait en elle le besoin de l´échange et du contact humain, l´intelligence du commerce, des langues, le goût des voyages et de l´aventure.
Vivre, c´est danser la dabké sur une terrasse de nos montagnes, à la lumière d'un clair de lune par une nuit étoilée ; c'est écouter en famille, autour d´un mezzé bien libanais, les chansons de notre terroir.
Vivre, c´est plonger dans l´eau bleue de la Méditerranée et skier sur les pistes enneigées à deux mille mètres d´altitude. C´est étudier à l´école et à l'université en vue d'un métier, se construire une vie digne dans la société. C´est partager, avec ceux qui sont dans le besoin, pour contribuer à un monde meilleur.
Vivre, c´est rendre grâce à Dieu, à l´église ou à la mosquée, et aimer l'autre, avec sa différence. C´est assurer la continuité d´un caractère à multiples facettes et contradictions ; comme le soleil et la pluie, se succèdent le même jour.
Oui, vivre c´est être Libanais ! Et parce que cette fonction est un acquis, par chaque être à sa naissance ; personne au monde n'a le droit de la lui arracher.
Au-delà de sa religion, sa nationalité, son métier, ses références, l´homme est natif de la seule volonté de Dieu. Celui qui n'a ni passé, ni avenir, ni fin et qui existera toujours a créé une œuvre issue du néant : l´univers, avec toutes les formes de vie. (En dépit des appellations de stratosphère, atmosphère, biosphère, ionosphère, noosphère, etc.) Spatiale, végétale, animale, humaine. Par-delà les théories, telle la cosmologie qui considère l'univers d'un point de vue scientifique, ou celle de la cosmogonie qui veut l'aborder par une approche philosophique ; il n'y a aucun doute que le grand architecte de cette création, c´est Dieu. Chaque être humain, faisant partie de ce programme, possède une âme, une ADN, un psychisme propre, le tout inhérent à sa personne. Cela veut dire que chacun de nous a une importance spéciale auprès du créateur, peut-être aussi a-t-il une mission ici-bas. Ainsi, la notion d´individu dépasse en importance la notion de
masse ; et la notion de personne, celle d´idéologie.
Tuer, surtout d´une façon volontaire périodique et programmée, c'est porter atteinte à cette œuvre. Au verbe « vivre », l´homme oppose le verbe « tuer ». Ôter la vie devient une offense faite au créateur ; un crime contre Dieu, et toutes les palabres et les polémiques n'y changeront rien. Il est évident que, personnellement, je suis contre les guerres et contre toute forme de violence. Cependant, étant donné que je ne peux pas changer le monde, je me contenterai de commenter ce qui arrive dans mon pays. Refuser le jugement du tribunal, c´est non seulement un déni de justice, mais aussi, en présence de l'impunité, l'incitation au crime et au chaos ; un amalgame des priorités : au lieu de vouloir juger des criminels qui transgressent la loi, nous choisissons de juger des personnes au label non confirmé de faux témoins.
Si ceux qui ont tué tous nos martyrs croient pouvoir fuir la loi des hommes, ils n'échapperont pas à la loi divine. Sur les Tables de Moïse, il est écrit : « Tu ne tueras pas. » Alors, le Liban (aux religions chrétienne et musulmane qui appliquent la loi de Dieu) se doit de suivre ce précepte et ses élus devraient voter à la Chambre des députés :
- L´abolition de la peine de mort.
- Le refus de la guerre et de l'utilisation des armes de destruction massives ; tout en réglant les problèmes à travers des moyens politiques et diplomatiques.
« Une lumière jaillit dans le ciel, un éclat assourdissant, l'obus se disloque en une déflagration... Ce ne sont que quelques murs qui tombent sur des voitures déjà brûlées. Dans la rue, des gens courent affolés, d´autres hurlent de peur ! Un gosse pleure. Il ne comprend pas pourquoi. C'est son père qui est là, étendu par terre, la chemise déchirée sur une chair ensanglantée. Baba ! Ya baba... »
C´est l´image d´un vécu que j´ai voulu traduire en écrivant ces lignes, pour rappeler ce que nous tous, Libanais, nous ne voulons plus : voir des gens mourir et des enfants orphelins pleurer.
En cette période de la Nativité, qui est aussi symbole d'humilité, l'Enfant Jésus, fils de Dieu, est né pauvre parmi les pauvres. Il est demandé aux responsables d'admettre leurs limites et de s'en remettre à une justice supérieure. Chaque processus doit suivre son cours dans la vie : par le dialogue, la paix et l'amour.
Vivre, c'est transmettre aux générations à venir toutes les particularités et les spécificités héritées de nos ancêtres ; qu'elles soient génétiques ou démographiques, artistiques ou intellectuelles, religieuses ou folkloriques. Vivre, c´est projeter à travers les ondes planétaires le souffle de cette culture venue des profondeurs de l´histoire, sortie des entrailles d´une civilisation. Celle-ci déjà portait en elle le besoin de l´échange et du contact humain, l´intelligence du commerce, des langues, le goût des voyages et de l´aventure. Vivre, c´est danser la dabké sur une terrasse de nos montagnes, à la lumière d'un clair de lune par une nuit étoilée ; c'est écouter en famille, autour d´un mezzé bien libanais, les chansons de notre terroir. Vivre, c´est plonger dans l´eau bleue de la Méditerranée et...
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