Dans l'entretien accordé à l'hebdomadaire, Walid Joumblatt est revenu sur le meurtre du ressortissant syrien Abdel Nasser Ali Ahmad. Il a affirmé : « Lorsqu'un haut responsable sécuritaire a recours au style tribal - en payant une caution pour libérer le meurtrier - afin de résoudre le problème qui découle du meurtre d'un citoyen, cela signifie que nous sommes sur les traces de nos ancêtres » dans la manière de résoudre nos problèmes. « Ceux qui exigent une reddition des comptes et de la discipline à l'intérieur d'une institution sécuritaire donnée » ne peuvent se satisfaire d'un tel comportement « tribal », a affirmé M. Joumblatt.
« Hier, le citoyen syrien Abdel Nasser Ali Ahmad a été tué. Aujourd'hui, le dossier est classé suite au versement d'une simple caution, a déploré M. Joumblatt. Qu'est-ce qui empêchera demain le meurtre d'un citoyen libanais, arabe ou étranger » sur le sol libanais. « Et que dire à la famille de celui qui a été enlevé par un membre des FSI dans la région de la Békaa ? Qui punira cet individu ? » s'est-il aussi demandé.
Il s'est ensuite déclaré surpris par l'attitude d'un certain courant politique qu'il a qualifié de « talibanisme intellectuel » car ce courant veut présenter Tripoli comme une ville uniforme et symbole d'une seule religion « alors que la ville est riche et multiple », a expliqué M. Joumblatt. « Nous faisons face aujourd'hui à un problème profond et stérile », a-t-il noté.
« Des forces politiques locales et arabes ont très bien fait de se distinguer de ce discours qui est en totale opposition avec l'histoire, la place et le rôle de Tripoli, a-t-il ajouté. Nous sommes surpris de voir que certains défenseurs de la coexistence sont restés silencieux. Comme le président martyr Rachid Karamé nous manque, lui qui était un symbole national et arabe », a indiqué Walid Joumblatt.
Le leader druze s'est dit désolé de voir que certains ne font que se remémorer la guerre au lieu de consolider « la paix civile ». Cette attitude signifie que nous traversons une « crise profonde ». « Nous avons besoin d'instaurer un discours politique capable de calmer les esprits au lieu de les échauffer », a-t-il souligné.
Walid Joumblatt a d'autre part affirmé ne pas comprendre pourquoi la découverte de réseaux d'espionnage israéliens a suscité aussi peu de réactions et de condamnations. « Cela laisse à penser que la collaboration au Liban est plus un point de vue qu'un sujet qui fait l'unanimité », a-t-il déclaré.


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