Oui, les fêtes ont une grande puissance d'évocation, elles qui marquent solennellement les passages et les rythmes de la vie et du temps, qui peuvent aussi bien célébrer la profondeur des relations que raviver des souvenirs toujours présents. Et nous voilà confrontés à des décisions, aimer, c'est aussi prendre une décision qui ne reste pas seulement comme un sentiment. Fêter, se réjouir avec tout le monde n'est pas toujours simple ni spontané.
Nous savons que les fêtes de fin d'année célèbrent le passage de l'obscurité à la lumière, depuis l'Antiquité. Les chrétiens commémorent la venue de la lumière dans le monde. Cette Lumière dont l'Évangile de Jean nous dit qu'elle a brillé dans les ténèbres mais que les ténèbres ne l'ont pas accueillie. Aujourd'hui encore, elle interroge nos obscurités, nos replis, nos refus. Elle suscite aussi notre capacité de (re)choisir la vie, de nous tourner vers l'espérance, d'arrêter de ruminer nos échecs. Puisqu'il est question de s'offrir des cadeaux et de prendre des décisions, peut-être pourrions-nous nous offrir à nous-même l'audace d'une décision : celle de tourner la page de nos amertumes, de nos fautes, de notre culpabilité et de prendre l'initiative de renouer une relation nouvelle d'amour avec le Seigneur, d'oser nous rendre vulnérables... Alors, notre geste rencontrera l'écho espéré, nous serons sur le point de commencer un nouveau Noël avec la paix du cœur, parce que nous aurons choisi d'espérer contre toute espérance, dans la gratuité d'un amour qu'offre le Seigneur à tous les hommes de bonne volonté.


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