X

Restos, cafés

Al-Hindi

Garçon ! La note s’il vous plaît Fraîchement rentrée de France où elle collaborait à la rubrique Arts culinaires d'un grand hebdomadaire de province, Micheline teste chaque semaine pour vous un restaurant ou café choisis au hasard, au gré des humeurs. Elle vous donne son avis sans complaisance ni compromis, en relatant une expérience vécue qui pourrait être la vôtre. Pour que, enfin, le consommateur libanais ait voix au chapitre. Notes de 0 à 5.
18/12/2010
Al-Hindi est un restaurant indien comme son nom l'indique en arabe, situé au rez-de-chaussée de l'hôtel Palm Beach, à Aïn el-Mreysseh.
La première chose qui surprend est cette odeur tenace de curry dans un intérieur bourgeois qui rappelle davantage un bar d'hôtel qu'un restaurant indien. Nous dînons d'ailleurs en face d'une bibliothèque à moitié vide où trône une télévision éteinte.
Un seul serveur tient à lui seul le restaurant. Il est assisté d'un commis, moins débrouillard, qui manque de s'endormir derrière le comptoir. Il est rapidement remis en place par le serveur qui lui explique « que ce n'est pas le moment de soupirer et qu'il y a des clients dans le restaurant ».
Le service n'a rien d'indien, il est typiquement « à la libanaise », à la limite du familier : une fois la commande prise, le serveur la passe au téléphone à voix haute. Il parle probablement au chef planqué en cuisine. Les « arrange-moi ça à ton goût » et les « à ta façon », ainsi que les « en vitesse » se suivent : « Envoie-moi 2 Byriani, 1 Cheese Naan et 1Tikka aala zaou'ak. »
Le restaurant est au quart plein, les consommateurs, principalement étrangers, sont de probables clients de l'hôtel. Des cacahuètes sont rapidement posées sur la table en guise d'accompagnement de l'apéro, simple eau minérale, en attendant le Lassi dont le goût relève plus du lait caillé (Ayran) bien de chez nous que de la célèbre boisson indienne.
Le serveur jongle avec les appellations « hindi », mais il a des doutes sur le « khorma » : « C'est bien le truc jaune-vert, n'est-ce pas ? »...
La carte est assez concise et propose une bonne sélection de « curries » et de « kebabs ». Une section végétarienne est bien mise en valeur.
Les plats arrivent et toutes les fritures et les « samosa » ont la même couleur et le même goût. Ils sont posés sur un lit de laitue et poivrons coupés en lamelles. Les « Cheese Naan » (pains au fromage) arrivent tièdes, huileux et visiblement réchauffés, le fromage n'étant pas fondant. Le poulet Tandoori est trop sec et le serveur le confond avec le poulet Tikka. La sauce du « Lamb Vidalu » (agneau) n'est pas réussie : elle est trop liquide avec un arrière-goût prononcé. En guise de dessert, le « Gulab Jamun », décrit par le serveur comme des beignets arabes (« ouaymet »), est peu appétissant, baignant dans un liquide transparent à peine sucré.
La musique d'ambiance est au mieux une musique de « spa », au pire la musique de l'ascenseur de l'hôtel. La cithare n'est pas au rendez-vous, malgré ce que laissait espérer l'illustration de la couverture du menu.
L'addition arrive lentement. Le rapport qualité/prix est mauvais. Le repas est en général très moyen, pour ne pas dire médiocre. L'expérience indienne aurait mieux fait de se limiter à l'odeur « accueillante » d'épices et de curry de l'arrivée.

E-mail : michelinezok@hotmail.com

Adresse        Hôtel Palm Beach, Aïn el-Mreysseh
Capacité    60 personnes
Prix moyen    75 000 LL

Qualité de la nourriture    *
Rapport qualité/prix    *
Ambiance    *

À la une

Retour à la page "Restos, cafés"

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.