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Culture - Cinéma

"Le Narcisse noir", somptueux pied-de-nez au réalisme et au numérique

Technicolor flamboyant, Népal magnifiquement recréé en studio, clairs-obscurs savants : "Le Narcisse noir", réalisé en 1947 par Michael Powell et Eymeric Pressburger, est un somptueux pied de nez au réalisme glauque et aux effets spéciaux numériques, si présents dans le cinéma actuel.

Pour conter cette histoire de passion et de désir refoulé, le tandem britannique a choisi de tourner entièrement en studio.

Le film, qui ressort mercredi sur les écrans français en version restaurée, est le récit d'un échec, celui de cinq nonnes d'une congrégation de Calcutta chargées d'installer école et dispensaire dans une région reculée du Népal.
Le seigneur local leur a cédé son ancien harem bâti au bord d'une falaise dans un paysage majestueux et dont les salles un peu décrépites portent encore des fresques suggestives.
Très vite, les difficultés s'accumulent : solitude, incompréhensions avec la population locale et surtout, affrontement avec un agent britannique censé les aider, mais dont le franc-parler et le comportement trouble les soeurs. Ces tensions révèlent bientôt les failles et les non-dits de cette petite communauté.
Pour conter cette histoire de passion et de désir refoulé, le tandem britannique a choisi de tourner entièrement en studio. Aucune vue réelle de l'Himalaya : les rares extérieurs ont été filmés dans les jardins exotiques de Leonardslee dans le Sussex.
Le palais est reconstitué dans les célèbres studios de Pinewood, près de Londres. Powell et Pressburger font appel à Poppa Day, un des plus grands spécialistes des trucages photographiques. Comme aux premiers temps du cinéma, celui-ci utilise des peintures sur verre de paysages, superposées aux images filmées.
Sa maîtrise est impressionnante, comme en témoigne un des lieux symboliques du film : la cloche du palais et son portique installés juste au bord d'un à-pic vertigineux donnant sur la vallée.
Les réalisateurs utilisent en virtuoses toutes les ressources du technicolor : bleu turquoise des murs de l'ancien palais, violet des crépuscules, blancheur des robes et des visages des nonnes, particulièrement celui de soeur Clodagh, responsable de la mission, incarnée par Deborah Kerr. Le décorateur et le directeur de la photo du film recevront d'ailleurs chacun un Oscar.
Le vent qui ne cesse de souffler sur ces solitudes perchées agite tentures et volets dont les ombres se profilent sur les personnages. Bientôt la passion débouchera sur la violence, contraignant les religieuses à abandonner le palais et leurs illusions.
Quant au Narcisse noir, c'est le parfum entêtant porté par le fils du maharadjah. Il rappelle aux soeurs le monde auquel elles ont renoncé.
Michael Powell et Eymeric Pressburger, qui ont réalisé une quinzaine de films avec leur maison de production The Archers (les Archers), ont signé ensemble "Les Contes D'Hoffman" et "Les Chaussons rouges", oeuvre culte vénérée par Francis Ford Coppola et Martin Scorsese, dont elle suscita la vocation.
En 1960, Powell réalise seul un classique du cinéma d'épouvante, "Le Voyeur" (Peeping Tom), où un cinéaste fou filme les réactions de terreur de femmes tuées par un dispositif installé sur le pied même de la caméra.
Le film, qui ressort mercredi sur les écrans français en version restaurée, est le récit d'un échec, celui de cinq nonnes d'une congrégation de Calcutta chargées d'installer école et dispensaire dans une région reculée du Népal.Le seigneur local leur a cédé son ancien harem bâti au bord d'une falaise dans un paysage majestueux et dont les salles un peu décrépites portent encore des fresques suggestives.Très vite, les difficultés s'accumulent : solitude, incompréhensions avec la population locale et surtout, affrontement avec un agent britannique censé les aider, mais dont le franc-parler et le comportement trouble les soeurs. Ces tensions révèlent bientôt les failles et les...
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