Le plan stratégique, qui va jusqu'à 2020, « contient 124 initiatives de dix ministères dans 26 domaines liés à l'industrie, avec un impact budgétaire direct estimé à près de 83 milliards d'euros sur l'horizon 2011-2015 », un chiffre qui correspond à « l'effort financier de l'administration de l'État », a indiqué le ministère de l'Industrie dans un communiqué. Cette somme inclut « des programmes budgétaires, des avantages fiscaux et des lignes de crédit d'entités publiques », a-t-il précisé. L'investissement est « compatible avec l'engagement de réduction du déficit pris par le gouvernement envers l'Union européenne (UE) », a-t-il assuré. L'exécutif socialiste s'est engagé à baisser le déficit à 9,3 % du PIB en 2010 (contre 11,1 % en 2009), puis 6 % en 2011 et 3 % en 2013. Le programme vise à faire de l'industrie un « moteur de croissance et de création d'emplois », via « l'amélioration de la compétitivité », mais aussi la recherche et développement, un meilleur soutien aux petites et moyennes entreprises et une plus grande internationalisation.
Parmi les secteurs stratégiques sur lesquels le pays veut miser : « L'automobile, l'aérospatial, la biotechnologie, les technologies de la santé et de la pharmacie, les technologies de l'information et des contenus numériques, la protection de l'environnement, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'agroalimentaire. » L'Espagne, sortie de la récession en début d'année, n'a depuis crû que faiblement, avant de faire du surplace au troisième trimestre.
C'est cette absence de croissance, doublée d'un fort chômage (20 %), qui inquiètent les analystes, également méfiants sur sa solidité financière.
Après avoir bâti sa croissance sur une industrie à faible valeur ajoutée puis sur le secteur de la construction, le pays a souffert en 2008 de l'éclatement de la bulle immobilière et doit désormais se rabattre sur d'autres secteurs d'activité.
Le gouvernement avait souligné cet été que l'industrie en Espagne ne représentait que 15,1 % du PIB, moins que la moyenne européenne (17,7 %) et cinq points en dessous de pays comme l'Allemagne ou la Suède.


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