La tour du clocher se dresse sur 18 mètres pour signaler la présence de la cathédrale.
Il a fallu attendre plusieurs années pour recueillir des fonds et lancer les travaux de réfection. Celle-ci a débuté en 2003, avec la consolidation de la structure, les travaux d'étanchéité et la restauration des pierres endommagées aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Dans le passé, l'édifice était revêtu d'un enduit de couleur et l'architecte-restaurateur des lieux, Élie-Pierre Sabbag, aurait voulu lui restituer ce revêtement à l'ancienne. Mais le comité - présidé par Mgr Youssef Kallas et formé de Raymond Audi, Michel Pharaon, Maurice Sehnaoui, Nehmé Tohmé, Hani Mecataff, Pierre Neema et Georges Nour - a refusé de suivre son idée. La pierre s'affiche désormais dans toute sa nudité. Exception faite de la façade extérieure de la nef, qui arbore une couleur Sienne.
Pour remplacer l'iconostase disparue, l'architecte a réinterprété un modèle du XIIe siècle, en dressant quatre stèles en marbre qui porteront les icônes de la Vierge Marie, de Jésus-Christ, de saint Jean-Baptiste et de saint Élie.
Dans ce vaste ensemble de 600 m2 orné d'un pavement de marbre, une originalité apparaît : les fenêtres supérieures, qui reproduisent la forme d'arcades en berceau, ne sont pas garnies de vitraux, mais «de marbre du Portugal, extrêmement fin, qui, collé à une vitre, donne l'aspect d'un verre translucide et permet à la lumière naturelle de passer. C'est une technique que j'ai utilisée sur d'autres projets», explique M. Sabbag, ajoutant que la tour du clocher, plantée sur le parvis de la cathédrale et fendue d'une croix, a été recouverte du même marbre. Cette tour de 22 mètres de haut, qui «répond à toutes les verticales de la ville», sera illuminée la nuit, pour signaler (à bonne distance) la présence de l'église.
Construites côte à côte, la cathédrale Saint-Élie des grecs-catholiques et la cathédrale Saint-Georges des grecs-orthodoxes partageaient, avant 1975, le même parvis. Mais au cours de la restauration de la cathédrale Saint-Georges, l'architecte Nabil Azar a voulu marquer la différence entre les deux communautés, en dressant une frontière! Dès lors, l'architecte Élie-Pierre Sabbag a aménagé un nouvel espace situé du côté latéral de la cathédrale Saint-Élie. De là, on surplombera des ruines romaines, plus précisément les vestiges d'un péristyle mis au jour par la Direction générale des antiquités (DGA) lors des fouilles menées dans le cadre des travaux de la cathédrale.
Du parvis, on accède au sous-sol qui abrite les bureaux du curé et un salon de 250 m2 dont le plafond - déclinant l'image de voiles (ou de vagues) enflées par le vent - a été réalisé en béton. Utilisé dans toutes ses qualités plastiques et techniques, le matériau a été «travaillé comme du bois, chaque lame polie et nettoyée. Il a fallu quatre mois pour l'installer», fait observer Élie-Pierre Sabbag, signalant qu'une mosaïque romaine, déterrée sur les lieux, ornera l'un des murs du salon.
L'espace est également doté de cuisine, de toilettes et de locaux techniques.
Coût de l'opération: deux millions et demi de dollars. Les noms des donateurs seront gravés sur l'une des façades.


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