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Liban

Pietton : L’existence du TSL ne saurait faire l’objet de négociations politiques

Saisissant l'occasion d'un colloque sur la relation entre justice internationale, paix et stabilité, organisé à l'Université antonine de Baabda, l'ambassadeur de France, Denis Pietton, a tenu à rectifier certaines « perceptions erronées » sur le Tribunal spécial pour le Liban et à éluder les incompréhensions autour de cette instance.
« D'abord, la création du TSL n'a pas été imposée, mais a répondu à une demande du gouvernement libanais », a-t-il dit. « Ensuite, le tribunal est complètement indépendant et, contrairement à ce que disent certaines personnes, ne reçoit d'instruction de personne ni ne partage ses informations avec personne, conformément au principe du secret de l'instruction. Nul ne peut aujourd'hui dire ni quand seront publiés les actes d'accusation ni quels individus ils viseront. Personne ne peut non plus interrompre le travail du TSL, dont l'existence, qui est une réalité juridique, ne saurait faire l'objet de négociations politiques. Le TSL est une juridiction impartiale », a ajouté l'ambassadeur avant de donner des exemples tels que la libération des quatre généraux en 2005, le fait que l'instance judiciaire internationale a accédé aux demandes présentées par le général Jamil Sayyed pour consulter son dossier, et enfin le principe des moyens importants octroyés au bureau de la défense.
Pour M. Pietton, la relation entre justice internationale et maintien de la paix et de la sécurité au Liban « n'est pas une relation de concurrence, mais au contraire, une relation de renforcement mutuel ». Justice et stabilité ne sont pas non plus incompatibles, selon lui. « Mon pays croit, au contraire, que c'est l'idée que des crimes puissent rester impunis qui risque de déstabiliser le Liban. La justice internationale se fonde sur la conviction que la lutte contre l'impunité est un facteur de stabilité, qui traduit le refus que la violence soit un instrument d'action politique », a conclu le diplomate.
Prenant à son tour la parole, le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a été dans le même sens, relevant le fait que le refus de choisir entre les nécessités de la justice, de la paix et de la sécurité « est un impératif absolu (...) surtout parce qu'il y a comme une indivisibilité entre la justice et la sécurité, entre nos souffrances d'hier, notre mémoire collective et notre ligne d'horizon ».
Évoquant la série d'assassinats historiques qu'a connue le Liban, ainsi que les centaines de milliers de victimes entre 1975 et 1990, il a déclaré : « Nous voulons en finir avec les années, longues, toujours jalonnées de conflits armés, appelés tantôt guerres intérieures, tantôt guerres de substitution. »
Selon lui, « il est clair que les attentats qui ont précédé et suivi celui du 14 février 2005 sont le produit d'un terrorisme obstiné, mettant en danger la sécurité régionale, confiant dans l'impunité, inconscient de l'horreur en face, se préoccupant rarement de l'effectivité et de l'efficacité de la justice pénale internationale ».
Énumérant les expériences précédentes en matière de justice internationale, notamment celles des tribunaux ad hoc de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda, le ministre constate qu'elles ont rarement eu un impact politique dans la région ou figuré dans la conscience collective des peuples du Proche-Orient.
À son tour, le père Fadi Fadel, vice-recteur des affaires académiques et des relations internationales à l'Université antonine, a évoqué la complexité des rapports qui peuvent exister entre paix et justice dans les relations internationales. Opérant une distinction entre justice « rétributive et justice reconstructrice », il affirme que la justice générale, « qui est plus encore qu'une vérité salvatrice, ou que la reconnaissance des victimes, tend à créer les conditions d'un nouveau pacte politique ». « Le but ne serait pas la punition pour la punition, donc la rétribution, mais la restauration du vivre ensemble à travers la diffusion d'une culture démocratique. Ce qui distingue la justice reconstructive, c'est qu'elle place au-dessus de tout la réconciliation », a-t-il souligné.
Et d'ajouter : « Si le propre de la justice rétributive est de défendre la loi pour elle-même (...), la justice reconstructive prétend guérir la victime, et, à travers une cérémonie du langage et une célébration du consentement, réparer le groupe politique tout entier. » Pour lui, la justice n'a qu'un rôle indirect, celui de faciliter la reconstruction.
« Le rôle attribué à la justice (...) est de recréer les conditions d'une reconstruction qui se fait ailleurs, avec d'autres acteurs dans le monde vécu, et non plus dans l'univers symbolique de l'enceinte judiciaire », a conclu le père Fadel.
Saisissant l'occasion d'un colloque sur la relation entre justice internationale, paix et stabilité, organisé à l'Université antonine de Baabda, l'ambassadeur de France, Denis Pietton, a tenu à rectifier certaines « perceptions erronées » sur le Tribunal spécial pour le Liban et à éluder les incompréhensions autour de cette instance. « D'abord, la création du TSL n'a pas été imposée, mais a répondu à une demande du gouvernement libanais », a-t-il dit. « Ensuite, le tribunal est complètement indépendant et, contrairement à ce que disent certaines personnes, ne reçoit d'instruction de personne ni ne partage ses informations avec personne,...
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