Une vingtaine de journalistes ont attendu toute la journée de mardi la venue de l'ancienne star du ballon rond à l'agence BNP Paribas d'Albert (Somme), qui avait préparé à sa demande une somme d'argent à sa disposition. Afin de rester « à l'écart de l'emballement médiatique », Éric Cantona s'est rendu dans une agence bancaire de la ville voisine de Péronne. « Il n'a jamais appelé à un quelconque mouvement le 7 octobre », a tenu à rappeler l'un de ses avocats, Christophe Bertrand, joint par l'AFP. « Éric Cantona est très heureux des réactions et commentaires publics, économiques et même politiques que ses déclarations ont provoqués, et espère que ce mouvement permette une prise de conscience et contribue au débat d'idées », ajoutent ses avocats dans un communiqué.
En revanche, la plupart des internautes qui avaient annoncé qu'ils videraient leur compte n'ont pas été au rendez-vous.
« Nous n'avons rien remarqué. C'est un non-événement », a indiqué à l'AFP la Fédération nationale du Crédit agricole, qui représente l'ensemble des caisses régionales du groupe. À Paris, Lille et Marseille, l'appel n'a pas été suivi, ont constaté des journalistes de l'AFP. À Marseille, ville natale d'Éric Cantona, les responsables de trois agences bancaires (LCL, BNP Paribas, Société générale) du centre-ville n'ont relevé aucune activité inhabituelle. À Paris, dans quatre agences du quartier de l'Opéra, les personnels interrogés n'ont pas non plus noté plus de retraits que d'habitude. Même son de cloche à Lille, où deux agences interrogées (Crédit mutuel et Caisse d'épargne) ont indiqué n'avoir reçu aucune demande de retrait de la part de leurs clients.
À Paris, des membres du collectif « Sauvons les riches » ont vidé mardi leurs comptes dans une agence Société générale avant de déposer les espèces retirées au Crédit coopératif, détournant l'appel d'Éric Cantona pour en faire un mouvement « constructif ». Vêtu d'un faux maillot de Manchester United floqué du nom et du numéro 7 fétiche de Cantona, un membre du collectif, Maxime Hupel, a salué son appel tout en précisant que l'objectif de « Sauvons les riches » « n'est pas de faire écrouler le système », mais « de le faire mieux fonctionner ».
Interrogée par l'AFP, la scénariste belge Géraldine Feuillien, cofondatrice du mouvement du 7 décembre, n'a pas été en mesure d'en évaluer l'impact, assurant seulement avoir reçu de nombreux messages de particuliers ayant effectué des retraits, sans en donner le nombre. Elle a mis en avant le cas d'un employé de banque qui lui « a dit qu'il avait retiré son argent hier à midi et qu'il s'est fait virer ».
Sur la page dédiée du réseau social Facebook, quelques dizaines d'internautes seulement affirmaient avoir suivi l'appel, sur quelque 40 000 volontaires au départ, mais plusieurs centaines exprimaient leur défiance vis-à-vis du « système ».

