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Liban

Joumblatt : Qu’est-ce qui empêche la tenue du Conseil des ministres ?

Dans son article hebdomadaire à l'organe de son parti al-Anba', Walid Joumblatt a surtout dénoncé le vide politique actuel. À sa manière ironique, il a précisé que les Libanais n'avaient pas besoin des révélations de WikiLeaks pour apprendre que les tiraillements politiques libanais ne bloquent pas seulement les institutions politiques mais laissent aussi l'environnement à l'abandon, sans la moindre protection. Les ressources forestières du Liban sont en train de brûler et les éléments de la Défense civile tentent de les contrôler avec leurs faibles moyens. Qu'est-ce qui aurait toutefois empêché, se demande Walid Joumblatt, les autorités de renforcer le potentiel de la Défense civile à travers l'intégration des volontaires dans le cadre (salarial) et la mise à leur disposition des moyens nécessaires pour qu'ils puissent accomplir leur mission ?
Joumblatt a encore précisé qu'on n'avait pas besoin de WikiLeaks pour découvrir comment les autorités tentent d'effacer la mémoire du pays, en détruisant un théâtre historique à Tripoli. Joumblatt s'est encore insurgé contre le fait qu'un travailleur syrien est mort au cours de cette destruction, tout comme un autre a été tué par les forces de police qui n'ont même pas pris la peine de vérifier son identité...
Dans ce qui ressemble à l'expression d'un ras-le bol, qui refuse de se limiter aux révélations de WikiLeaks, Joumblatt a pratiquement fait le tour de tous les sujets qui fâchent dans la vie politique actuelle, s'élevant contre le fait qu'un fonctionnaire de première catégorie organise des manifestations d'appui à ses positions, estimant que ce n'est pas le meilleur moyen de consolider la crédibilité de l'institution qu'il dirige qui est censée être au service de tous les Libanais, alors qu'elle est accusée de ressembler de plus en plus à une milice... Il a encore protesté contre les manœuvres d'une « autorité politique » qui, selon lui, multiplie les déclarations héroïques et s'empresse de lancer une bombe sonore dans la partie arrière de son jardin...
Joumblatt a ensuite rappelé qu'au Liban, travailler contre l'ennemi est devenu un point de vue, alors que dans le temps, il s'agissait d'une opinion unanime libanaise. Certains prennent ainsi la défense d'un espion et d'autres appellent à la protection d'un autre. Comme si être un espion est devenu la règle et le nationalisme l'exception !
Le chef du PSP ajoute encore que les Libanais n'avaient pas besoin de WikiLeaks pour comprendre qu'ils ne doivent pas rester les bras croisés à attendre l'aboutissement des efforts syro-saoudiens. « Nous devons revenir au dialogue à travers les institutions, affirme Joumblatt, car la politique de blocage n'est dans l'intérêt d'aucune partie et, au contraire, dessert les intérêts des citoyens. La conférence de dialogue est un espace avancé pour discuter des grandes affaires nationales, alors que toutes les parties sont représentées au sein du Conseil des ministres. Qu'est-ce qui empêche donc la reprise de ses réunions régulières ? Nous espérons qu'une formule magique sera trouvée qui satisfasse toutes les parties pour dégager le dossier des faux témoins de la sphère des tiraillements et pour reprendre le fonctionnement normal des institutions. »
Le leader du PSP relève encore que les Libanais n'avaient pas besoin des révélations de WikiLeaks pour savoir qu'il fallait rester neutre après les élections en Côte d'Ivoire et attendre que les choses se calment là-bas.
En dépit de toutes ces précisions, estime Joumblatt, certains mettent tout sur le dos de WikiLeaks. Selon lui, la principale leçon à tirer de ces révélations, c'est que les politiques des États sont bâties sur leurs seuls intérêts(...)
Joumblatt relève ensuite que selon les révélations de ce site, la cause palestinienne semble être devenue secondaire, les Arabes étant essentiellement centrés sur la menace iranienne, au lieu de songer à renforcer la coopération arabo-iranienne pour affronter les projets israéliens. Il ajoute aussi que ces révélations ont montré que les armes les plus sophistiquées ne servent pas à grand-chose et qu'au lieu de les accumuler, il aurait été préférable d'utiliser les fonds pour combattre la pauvreté, lutter contre l'illettrisme, etc.
Au passage, Joumblatt salue la position brésilienne de reconnaître l'État palestinien, dans les circonstances actuelles. Même si cette reconnaissance n'a pas encore une valeur légale, il déplore le fait que les États arabes n'aient pas suivi, sinon précédé, l'exemple brésilien.
Il a encore une dernière pensée pour Kamal Joumblatt dont c'est la date de naissance, pour rappeler que quoi qu'il arrive, le PSP qu'il a fondé continuera à respecter les principes de base : le respect de l'accord de Taëf, les relations privilégiées avec la Syrie, l'appui à la résistance et à l'unité nationale et l'attachement à la paix civile.
Dans son article hebdomadaire à l'organe de son parti al-Anba', Walid Joumblatt a surtout dénoncé le vide politique actuel. À sa manière ironique, il a précisé que les Libanais n'avaient pas besoin des révélations de WikiLeaks pour apprendre que les tiraillements politiques libanais ne bloquent pas seulement les institutions politiques mais laissent aussi l'environnement à l'abandon, sans la moindre protection. Les ressources forestières du Liban sont en train de brûler et les éléments de la Défense civile tentent de les contrôler avec leurs faibles moyens. Qu'est-ce qui aurait toutefois empêché, se demande Walid Joumblatt, les autorités de renforcer le potentiel de la Défense civile à travers...
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