Duke of WELLINGTON
Il serait bon pour les amateurs de guerres de retenir cette citation du vainqueur de la bataille de Waterloo qui a vu la défaite de Napoléon Bonaparte, laquelle devra constituer un exemple à suivre par tous ceux qui ne cessent de faire planer sur nos têtes le spectre de la guerre et ceux qui œuvrent à la provoquer.
Entre la guerre et l'argent, il existe un lien très étroit. Il en va de même pour la trahison, la collaboration, la corruption, le terrorisme, etc. Les preuves ne se comptent pas. Tout est permis pour se faire de l'argent, élément essentiel de survie, surtout pour une grande partie de désœuvrés prêts à porter les armes dans le seul but d'en tirer le meilleur profit. Ces mercenaires sont disponibles pour toutes les aventures, et sollicités par tous les courants qui se disputent le contrôle du pouvoir, car le pouvoir, c'est la fortune, les voyages, les hôtels de luxe, l'achat d'appartements dans la Ville Lumière, etc.
Pour les mercenaires, c'est les butins de guerre, le contrôle des quartiers, les rançons, autrement dit, la possibilité de s'enrichir à l'instar de tous ceux qui les ont précédés. Car n'ayant rien à perdre mais tout à gagner, ils n'hésiteraient pas à vendre leurs âmes au diable « per un pugno di dolares », quitte à se voir promus au rang de « martyr pour la cause ». Mais laquelle ? Celle des autres évidemment. Celle de ceux qui ne cessent d'intoxiquer les esprits par des discours creux et sans fond, imbus de haine, qui nous ramènent aux pires moments des années où l'artillerie était le seul moyen de communication et de dialogue. Malheureusement, ce sont les mêmes acteurs, avec leurs nouvelles clientèles, formées à l'école de leurs prédécesseurs, qui refont surface, avec les mêmes procédés. Des mécréants qui se retranchent derrière leurs instances religieuses en se servant de leurs tribunes pour mettre en exergue leur aptitude à mobiliser et à manœuvrer les masses de ces exaltés qui n'ont pas encore goûté aux affres de la guerre, pensant qu'il ne s'agit que d'une promenade de santé.
Aussi faudrait-il reconnaître que le rôle de certaines médias va dans le même sens, contrairement à leur mission qui consiste à calmer les esprits au lieu d'attiser le feu, à informer objectivement au lieu de désinformer et réformer au lieu de déformer. On a parfaitement le droit de ne pas sympathiser avec tel ou tel, de le critiquer ; on n'a pas le droit toutefois de se laisser entraîner par ses instincts, sa jalousie, ses mensonges ou ses rancunes, lesquels constituent les ingrédients du plat politique qui nous est offert actuellement par les « fromagistes » de la dernière heure.
Au moment où l'heure la plus glorieuse du Liban avait sonné, celle de la libération du pays de l'occupant, qui a suivi l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, jaillissait alors un chant que toutes les voix reprenaient en chœur à l'endroit baptisé à l'époque place de la Liberté. C'était l'hymne national. Malheureusement, les passions politiques n'ont pas tardé à se réveiller, marquant le début du déchirement de la nation. Des repositionnements s'ensuivirent, de nouvelles alliances virent le jour, ouvrant la voie à l'émergence de groupes séparés par un fossé qui ne cesse de s'élargir. Au milieu de tous ces tiraillements, l'enjeu est de taille eu égard aux intérêts régionaux et internationaux impliqués. Les visiteurs qui sillonnent nos rues, les uns au Nord, les autres au Sud et d'autres au milieu, ne manquent pas de laisser leurs impacts sur la scène politique locale, indiquant clairement la complexité du problème. Quant au gouvernement né au forceps, ébranlé en son propre sein par les discordes et les dissidences, il semble avoir perdu le nord, ne sachant plus sur quel pied danser. Dans ce même contexte, en écoutant les nouvelles à la télévision, quelle ne fut ma surprise d'assister au spectacle du président Saad Hariri assis face au Guide spirituel de la Révolution islamique (Wali el-Fakih) en Iran, entouré des membres de la délégation qui l'accompagnait, plutôt connus pour leur hostilité à ce pays. Ce spectacle m'a conduit à évoquer ce vieux proverbe, que j'avais oublié, qui impose de ne jamais dire « fontaine, je ne boirai pas de ton eau. » Khoche amdid.
Mario B. HÉLOU
Ancien attaché d'ambassade


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef