La menace à peine voilée d'une nouvelle pax syriana nous est distillée par ses sous-relais locaux. Avec leurs « si » menaçants et si révélateurs, il n'est plus difficile de concevoir l'avenir qui nous est réservé. Les présomptions du Hezbollah et moins encore leurs affirmations sont loin de nous convaincre. Les leitmotivs usés jusqu'à la corde et la sempiternelle litanie de complicité avec l'ennemi distribuée ici et là nous ont complètement lassés. Nous sommes repus de leurs idéaux libérateurs, perpétuels échecs depuis plus de soixante ans. Il n'est pas un mouvement militaire qui ait réussi une action contre Israël sans, inévitablement, se perdre ensuite à ramasser les rétributions de son embourgeoisement politique, véritable piège dans lequel s'engouffre le parti de Dieu.
Un seul dessein importe pour l'instant : l'assouvissement d'un instinct hégémonique syrien en exacerbation. Car, depuis 2006, date de la victoire du Hezb sur Israël, acceptons, qu'on le veuille ou pas, ce corollaire : la résistance islamique au Liban ne s'occupe plus que d'avancer militairement ses pions à l'intérieur du pays du Cèdre. Plus question d'escarmouches aux frontières nord d'Israël, fini les fameuses fermes de Chebaa et les contreforts de Kfarchouba, oubliée la vindicte pour l'assassinat de Moughnieh et l'enquête syrienne sur l'affaire. Aujourd'hui, toute la haine des députés du Hezb se déverse à l'intérieur, en s'appuyant sur leur fer de lance, le général Jamil Sayyed. Ensemble ils pavent l'autoroute du retour.
En avant-goût s'installe la logique du droit syrien, telle que révélée par le même Jamil Sayyed, celle d'être à la fois le suspect, l'innocent, l'enquêteur, l'avocat et le juge, et, en préambule, l'État revu et corrigé par l'ex-gouverneur par intérim du pays, un État masqué par des armées privées, amoindri et accessoire. Tel l'oracle, il prédit de beaux jours à venir, ce symbole de la tristement célèbre main de fer syrienne. Bien que relaxé de prison, en son for intérieur il reste interné. Il n'éprouve que ressentiment et agressivité. Il rêve à nouveau de chef incontesté, de « panurgisation » de la société civile et d'un nostalgique petit goulag où il pourrait caser tout ce petit monde qu'il abhorre. Déjà, je vois s'ouvrir la porte et sur ses deux battants, sur une « Iejovchina », ou l'épuration, la déportation et la concentration.
Alors, avant que vous ne me voyiez sur vos petits écrans avouer une intelligence avec l'ennemi, je tiens solennellement à vous confirmer, l'esprit serein et la conscience tranquille, que je n'ai jamais, au grand jamais, participé ou eu vent d'un complot tissé contre l'État et surtout nullement rencontré ou contacté des agents étrangers, israéliens soient-ils, mongols ou estoniens.
Et joyeux 8 Mars quand même...


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