Carmen Caffarel, une première visite, très satisfaisante, au Liban. (Sami Ayyad)
Caffarel.
Il semblerait qu'avec Beyrouth, où la directrice générale de l'institut Cervantès vient de passer quelques jours, le dialogue prend d'année en année plus d'ampleur.
Car non seulement l'institut Cervantès du Liban (dans ses deux branches, à Beyrouth et à Kaslik, ainsi que dans son antenne au Centre Safadi à Tripoli) est, «proportionnellement au nombre d'habitants du pays », le plus fréquenté au monde (en réalité, il occupe la 7e place dans le classement traditionnel des 43 pays où il est implanté), il est aussi partie prenante d'une opération qui vise, à travers la mission de paix du contingent espagnol de la Finul, à diffuser la langue espagnole auprès de la population du Sud.
Quelque 325 élèves ont bénéficié, à ce jour, de cet enseignement linguistique gratuit, chapeauté par l'institut Cervantès et pour lequel la directrice générale est venue proposer du matériel pédagogique. «Une manière de changer le regard porté sur les soldats et de se rapprocher des populations locales», assure Carmen Caffarel. Laquelle, au cours de sa rencontre avec l'équipe de la branche «libanaise» de l'institution qu'elle dirige depuis trois ans, a pu constater, outre la forte fréquentation des cours de langue (quelque 3000 élèves inscrits), le dynamisme de la programmation culturelle du centre beyrouthin.
«Notre politique culturelle est construite autour de 5 axes majeurs, rappelle la directrice de l'institut Cervantès. Le premier est, bien sûr, le dialogue des civilisations. Ensuite, il s'agit de mettre nos activités dans le contexte européen ; de mettre en relief les spécificités culturelles espagnoles dans un cadre plus global; de collaborer avec les ambassades des pays d'Amérique latine pour, là encore, mettre en relief ce côté plus global de la culture hispanique, partagée par 21 pays. Et, enfin, de focaliser sur le rôle de la femme dans la peinture, l'écriture, le cinéma, la musique...» Cette dernière clause tient particulièrement à cœur à Carmen Caffarel, qui s'est félicité de l'application de cette orientation «féministe» (au sens large du terme) dans les activités du centre Cervantès de Beyrouth. En effet, au programme de ces derniers mois, figuraient le flamenco de Rocia Molina, la musique de La Shica ou encore l'art contemporain de Pilar Cossio.
Visibilité accrue
L'autre cheval de bataille de cette diplômée de philologie, ex-professeure universitaire en communication et ex-présidente de la Radio télévision publique espagnole (RTVE), est l'expansion et la consolidation de l'Instituto Cervantes. «Nous avons beaucoup développé les nouvelles technologies. Nous avons créé, notamment, une télévision culturelle sur Internet pour avoir une projection médiatique plus importante. Et cela afin que la culture hispanique soit accessible non seulement aux étudiants et aux gens qui fréquentent l'Instituto, mais à tout public, à n'importe quel internaute. Comme nous cherchons, par ailleurs, à avoir les meilleurs professeurs», indique Mme Caffarel. Laquelle dit œuvrer afin que l'institution publique, créée en 1991, soit véritablement «l'image de marque» de la culture espagnole dans le monde. De la culture hispanique, pour être plus exact. Car l'Instituto ne néglige absolument pas le rôle de coordination qu'il entend jouer avec les ambassades des pays latino-américains. Le premier Festival de cinéma ibéro-américain qui s'est tenu cet automne à Beyrouth en constitue une preuve, s'il en faut!


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