Est-ce si banal de contrôler les émissions télévisées ? Cette école à l'échelle nationale, devenue internationale au moyen de satellites, pénètre tous les foyers et est supposée prodiguer à tous informations, connaissances et savoir.
Que produit notre télévision libanaise ? À part l'étalage de menaces, vociférées quotidiennement, de jours noirs à venir, causant la panique et l'incitation indirecte à l'exil, à part la décadence politique, surtout dans le discours, la paralysie des institutions et le pays à la dérive... Que reste-il pour amuser nos compatriotes assommés par tant de mauvais augure ?
Des émissions anecdotiques d'une grossièreté, d'une trivialité, d'une vulgarité insoutenables, applaudies par un auditoire jeune ébahi, attroupé autour de quelques soi-disant comiques, riant ensemble à gorge déployée, comme si la présence de cette jeunesse, censée être naïve, les stimulait.
Vous me direz, changez de canal.
Le malheur est qu'un autre s'est permis de copier le même type de programme à la même heure, se plaisant à son tour, et avec toujours un cercle de jeunes libérés, à accentuer la vulgarité de ses anecdotes pour avoir plus d'audience que le premier, étalant au grand jour la décadence de nos mœurs.
Passons à nouveau au troisième canal.
Là, c'est un cours de sexologie en bonne et due forme, qui, pour vanter une nouvelle méthode contraceptive, ne se prive pas de démonstration, de manipulation et de pose, croquis à l'appui, certainement bien monnayée par l'agent distributeur.
Et j'en passe...
Voilà le programme de la soirée du 21 novembre, veille de notre indépendance !...
La liberté d'expression et la liberté de la presse sont évidemment sacrées. Mais il reste la limite de la moralité, de l'autocensure, je dirais même de l'ordre public.
Ces émissions sont malheureusement suivies par tout le monde arabe pour qui le Liban devient un lieu de plaisir et de dévergondage. Un espace de liberté sans foi, ni loi.
Le Liban est tout autre chose, c'est un pays de croyants, des droits de l'homme, du respect de l'être, de la dignité, de la culture. Surnommé à juste titre « pays message ».
Où sont donc passées les émissions éducatives, culturelles, scientifiques, de musique classique, de théâtre, de jeux éducatifs, d'éducation civique, d'alphabétisation, d'apprentissage de langues étrangères ?
Pourquoi ce dénivellement par la base au lieu d'utiliser la télévision comme un moyen de relever un peuple de sa léthargie, de lui donner des espoirs, des idéaux, et surtout la paix intérieure dont il a grand besoin ?
Il est grand temps que les ministères de l'Éducation et de la Culture ainsi que le Conseil de l'audiovisuel réagissent en procurant des programmes de qualité pour sauver notre société de la chute libre.

