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Économie - Taxation

Dublin fait de sa fiscalité un tabou

Dans les négociations sur un plan de secours qui se poursuivaient samedi à Dublin avec l'UE et le FMI, l'Irlande considère comme un casus belli toute remise en cause de sa fiscalité très avantageuse à l'égard des entreprises, qui a attiré comme un aimant les multinationales.

Le statut de paradis fiscal de l'Irlande a fait la force du "tigre celtique", avant que tout s'effondre en 2008./

À 12,5%, soit le plus bas taux de la zone euro, l'imposition des sociétés en Irlande est la principale pierre d'achoppement dans les délicates tractations qui sont entrées dans leur troisième jour.
L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) souhaitent un alourdissement de cette fiscalité, en contrepartie d'une aide internationale pour sauver les banques irlandaises criblées de dettes.
"Un certain nombre d'États européens, dont la France, ont fait remarquer que (...) de toute évidence le taux de l'impôt sur les sociétés laisse des marges de progression" : a déclaré vendredi un responsable dans l'entourage de la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde.
"Il va falloir parler de cette question", avait déjà dit dès mercredi le ministre autrichien des Finances, Josef Pröll.
Et début octobre, le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn avait estimé que l'Irlande ne pourrait "pas continuer à être un pays à basse fiscalité" compte tenu de l'ampleur du déficit public irlandais (32% du PIB prévu cette année).
Une source diplomatique a confirmé que la question figurait à l'ordre du jour des discussions de Dublin. "Cela fait deux ou trois mois qu'on leur tape sur la tête avec ça", selon cette source.
L'opinion publique pousse à ne pas céder. Et Dublin souligne au passage que, derrière les pressions de l'UE, pourrait se cacher une certaine jalousie de pays qui, comme la France, imposent à 33% leurs sociétés.
La fiscalité sur les entreprises est "non-négociable", a tranché la vice-Premier ministre Mary Coughlan. On comprend pourquoi : le statut de paradis fiscal de l'Irlande a fait la force du "tigre celtique", surnom dû à une croissance jadis exceptionnelle, avant que tout s'effondre en 2008.

Google, Microsoft, Intel, Vodafone, GlaxoSmithKline, HSBC... Le ministère des Entreprises évalue à 240 000 le nombre d'emplois générés par les sociétés étrangères, soit environ 7% de la population active. Cela représente "plus d'emplois par habitant que dans tout autre pays", selon lui.
Les investissements directs étrangers contribuent à "plus de 70% des exportations irlandaises", souligne Lionel Alexander, président de la Chambre américaine en Irlande, dont les multinationales emploient environ 100 000 personnes sur l'île.
"Toute hausse du taux aurait un impact négatif sur notre capacité à gagner et à garder les investissements en Irlande", avertit Bill Doherty, vice-président de l'américain Cook Medical (recherche médicale). "L'Irlande est en concurrence avec des pays comme Singapour", qui vient de ramener son impôt sur les sociétés à 17%, souligne-t-il.
Les craintes d'une remise en question de cette fiscalité avaient déjà nourri les "non" lors du rejet du traité européen par l'Irlande en 2008, et il avait fallu des garanties que l'UE n'y toucherait pas pour arracher un "oui" un an plus tard.
Moteurs de la croissance par le passé, les multinationales alimentent aujourd'hui la fragile reprise de l'économie, assure Gerard P. Kilcommins, vice-président de l'américain Medtronic Vascular. "70 nouveaux investissements ont été signés lors des dix premiers mois de cette année", indique-t-il.
Vouloir alourdir la fiscalité serait ainsi "contre-productif", juge Danny McCoy, directeur général de l'IBEC (Irish Business and Employers Confederation) : "Une hausse du taux réduirait les recettes de l'État irlandais et de l'UE, les investissements et les emplois quittant l'Europe".

À 12,5%, soit le plus bas taux de la zone euro, l'imposition des sociétés en Irlande est la principale pierre d'achoppement dans les délicates tractations qui sont entrées dans leur troisième jour.L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) souhaitent un alourdissement de cette fiscalité, en contrepartie d'une aide internationale pour sauver les banques irlandaises criblées de dettes."Un certain nombre d'États européens, dont la France, ont fait remarquer que (...) de toute évidence le taux de l'impôt sur les sociétés laisse des marges de progression" : a déclaré vendredi un responsable dans l'entourage de la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde."Il va falloir...
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