Les vétérans, dont le nombre s'est réduit au fil des ans, reçoivent l'équivalent de 150 dollars par an de la Royal Commonwealth Ex-services League, une association caritative qui aide ceux qui ont servi la Grande-Bretagne à travers le monde./
La majorité vivent depuis dans des camps de misère, avec peu d'espoir de retourner à leur terre natale.
Comme chaque année, lors du Dimanche du Souvenir, Hussein et les autres vétérans ont participé à la cérémonie de commémoration organisée par l'ambassade de Grande-Bretagne à Beyrouth.
"Ils viennent chaque année du nord, du sud, âgés de 80 ou 90 ans, avec leurs médailles ... de fiers ex-soldats", affirme à l'AFP Frances Guy, ambassadeur de Grande-Bretagne. Elle explique que pour avoir servi moins de 20 ans au sein de l'armée britannique, qui a retiré ses troupes de Palestine en mai 1948, ils n'ont pas droit à une pension.
"La situation des Palestiniens est particulière parce qu'ils ont été chassés de leurs maisons immédiatement après avoir servi au sein de l'armée britannique. Nous devons faire quelque chose pour rendre leurs derniers jours plus faciles", dit-elle.
Les vétérans, dont le nombre s'est réduit au fil des ans, reçoivent l'équivalent de 150 dollars par an de la Royal Commonwealth Ex-services League, une association caritative qui aide ceux qui ont servi la Grande-Bretagne à travers le monde.
Manhal Freih, 84 ans, vétéran décoré deux fois, a rejoint l'armée britannique à l'âge de 16 ans. Il vit actuellement dans le camp de réfugiés de Bourj el-Chemali (sud).
"Nous avons vécu tant de choses, et tellement souffert. En contrepartie, on a reçu si peu", dit cet homme aux yeux bleus, moustache blanche. Des années de combat, il garde une canne qui servait à l'époque à ajuster les tirs.
"Quand j'ai combattu auprès des Britanniques, je luttais contre les Nazis. Il n'y avait pas Israël à ce moment là", dit ce père de 13 enfants qui fait encore des "pompes" chaque jour. "Nos supérieurs étaient tous des Britanniques et je me souviens d'un certain Mr Ridley que tout le monde craignait".
Manhal dit ne pas regretter ses années de service, mais ne peut pas s'empêcher de se sentir rejeté. "Nous vivons dans des conditions misérables, sur une terre qui ne sera jamais la nôtre", dit-il, en évoquant le Liban.
Ibrahim Adawi, 84 ans, a servi dans la cavalerie britannique pendant deux ans et vit dans le camp de Bourj el-Barajneh à Beyrouth. Il dit n'éprouver aucun ressentiment. "Je salue les Britanniques", dit-il. "Soldat un jour, soldat pour toujours. Si je pouvais servir encore l'armée britannique, je le referai, avec fierté", assure-t-il.
Pour Hussein, un homme d'apparence frêle, le visage marqué par les rides, c'est l'occasion d'être fier, d'oublier un moment sa souffrance dans les camps. "Je n'ai jamais raté une invitation (pour le Dimanche du Souvenir) au fil des ans", dit-il, montrant une photo en noir et blanc d'un jeune homme en uniforme. "Ce jour-là, je sens que je suis quelqu'un".


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