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Économie - Énergie

Moscou à marche forcée dans son projet de gazoduc South Stream

La diversification des sources d'approvisionnement en gaz est aujourd'hui une question cruciale pour l'Europe.
La Russie, dont le Premier ministre Vladimir Poutine a conclu un accord samedi avec la Bulgarie, avance à marche forcée dans son projet de gazoduc South Stream, qui vise à livrer le gaz russe en Europe occidentale en court-circuitant le projet européen concurrent, Nabucco.
La Bulgarie et la Russie ont signé samedi un accord pour la création d'une société mixte, détenue par le géant russe Gazprom (50 %) et le groupe public Bulgarian Energy Holding (50 %), pour la construction et l'exploitation du tronçon bulgare du gazoduc South Stream qui doit acheminer le gaz russe vers l'Europe occidentale sur 3 600 km.
South Stream, détenu majoritairement par Gazprom et l'italien ENI, est d'une capacité de 63 milliards de mètres cubes de gaz par an et devrait livrer ses premières quantités dès décembre 2015, via le tronçon bulgare. Le gazoduc devrait être entièrement opérationnel en 2018.
Néanmoins, « le gazoduc pourra être lancé en avance de 4 mois par rapport à décembre » si le rythme de son avancement reste le même, a déclaré le patron de Gazprom, Alexeï Miller.
Rallier Sofia, déjà engagé sur Nabucco, n'a pas été chose facile.
En 2008, les deux pays avaient déjà signé un accord sur South Stream, mais des différends étaient apparus, notamment sur la propriété du tronçon bulgare et en raison de la volonté de la Bulgarie d'obtenir des réductions sur le prix du gaz russe.
La partie russe n'est pas la seule à faire des efforts pour vendre South Stream. En octobre, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi avait indiqué qu'il allait tout faire « pour influencer la décision d'un pays (...) avec lequel il n'y avait pas encore d'accord », faisant référence, selon certains experts, à la Bulgarie.
Les différends avec Sofia ont en partie été à l'origine de l'apparition dans le projet de la Roumanie, également engagée sur Nabucco. En octobre, la Russie et la Roumanie ont signé un mémorandum d'intention pour étudier son éventuelle participation, qui ouvrirait une autre voie de passage que la Bulgarie pour le gazoduc.
Et South Stream tente de « débaucher » d'autres partenaires du projet concurrent Nabucco, qui doit acheminer à partir de 2013 le gaz de la mer Caspienne à l'Europe en transitant par la Turquie, pour réduire la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe. Parmi ceux-ci, on compte déjà l'autrichien OMV.
La question de la diversification des sources d'approvisionnement en gaz est aujourd'hui une question cruciale sur la scène internationale, notamment après la crise gazière entre Kiev et Moscou en 2009, dont l'Europe avait particulièrement souffert.
Lancé en 2006, le projet South Stream doit justement éviter l'Ukraine, et jusqu'à présent, des accords de transit ont été signés avec la Bulgarie, la Hongrie, la Serbie, la Slovénie, la Croatie, la Grèce et l'Autriche. Mais pas encore avec la Turquie, engagée dans Nabucco, alors que le gazoduc doit passer par son territoire sous la mer Noire.
Un autre problème concerne les actionnaires du projet. En juin 2010, le français EDF a pris des parts pour « pas moins de 10 % » au détriment d'ENI, selon le site Internet de Gazprom, et Vladimir Poutine n'est pas opposé à la venue dans le capital d'autres partenaires (l'Aallemand Wintershalle a été évoqué dans la presse russe).
Mais Gazprom n'envisage pas de réduire sa participation à moins de 50 %, a déclaré samedi M. Miller. Et ENI ne semble pas non plus vouloir davantage réduire la sienne.
La Russie, dont le Premier ministre Vladimir Poutine a conclu un accord samedi avec la Bulgarie, avance à marche forcée dans son projet de gazoduc South Stream, qui vise à livrer le gaz russe en Europe occidentale en court-circuitant le projet européen concurrent, Nabucco.La Bulgarie et la Russie ont signé samedi un accord pour la création d'une société mixte, détenue par le géant russe Gazprom (50 %) et le groupe public Bulgarian Energy Holding (50 %), pour la construction et l'exploitation du tronçon bulgare du gazoduc South Stream qui doit acheminer le gaz russe vers l'Europe occidentale sur 3 600 km.South Stream, détenu majoritairement par Gazprom et l'italien ENI, est d'une capacité de 63 milliards de mètres cubes de gaz...
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