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Culture - Musée

De l'art contemporain en banlieue ? Le pari réussi du MAC/VAL

Un musée d'art contemporain en plein coeur d'un quartier populaire: lieu unique en région parisienne, le MAC/VAL de Vitry-sur-Seine souffle lundi ses cinq bougies en continuant de défendre un autre regard sur la banlieue.

"Les gens qui vivent en banlieue cherchent eux aussi à s'approprier l'élitisme", dit Evelyne Rabardel, vice-présidente du conseil général du Val-de-Marne.

"Mon Dieu! Est-ce que ça va marcher ?" Cinq ans après, la conservatrice du musée, Alexia Fabre, n'a pas oublié ses premiers doutes mais elle a désormais quelques certitudes : le musée d'art contemporain du Val-de-Marne (MAC/VAL) a vu défiler plus de 420 000 visiteurs depuis sa naissance, le 15 novembre 2005.
Contemplant une sculpture signée Jean Dubuffet, ce bâtiment de 4 000 m2 traversé d'immenses verrières a abrité des oeuvres de Christian Boltanski, Nan Goldin ou Andy Warhol, tout en dévoilant une imposante collection permanente.
"L'art surgit là où ne l'attend pas", proclamaient des pancartes au moment de la construction du musée à Vitry, commune populaire de 85 000 habitants et bastion du PCF.
"Les gens ne manifestaient pas dans la rue pour réclamer un centre d'art contemporain, mais aujourd'hui ils se sont approprié les lieux", sourit Mme Fabre.
Le musée n'est pourtant pas né sous les meilleurs auspices.
le 27 octobre 2005, juste avant l'inauguration, deux adolescents de Clichy-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis) perdaient la vie électrocutés dans un transformateur EDF après avoir été poursuivis par la police, provoquant trois semaines d'émeutes dans les banlieues françaises.
"On était blêmes. On ne parlait de la banlieue que sous un éclairage très négatif", se rappelle Mme Fabre, qui a toutefois puisé dans ces évènements dramatiques la raison d'être du MAC/VAL.
"Avec ce musée, on parlait de la banlieue sous un autre angle, on montrait que ces territoires valent mieux que ce qu'on en dit", poursuit-elle.
Il a ensuite fallu balayer d'autres clichés, comme l'idée que l'art contemporain serait réservé à une élite parisienne. "Les gens qui vivent en banlieue cherchent eux aussi à s'approprier l'élitisme", dit Evelyne Rabardel, vice-présidente du conseil général du Val-de-Marne, qui subvient aux besoins de fonctionnement du musée (4 millions d'euros par an).
"C'est une forme de respect que de leur proposer une offre culturelle exigeante", poursuit-elle.
"C'était tout l'enjeu : faire venir des gens qui ne se sentent pas légitimes pour fréquenter les grands musées parisiens", complète Mme Fabre, qui n'a jamais hésité à présenter des oeuvres "un peu difficiles".
Visites gratuites, accueil de groupes scolaires, ateliers : un travail de médiation a été mené auprès de la population pour qu'elle apprivoise le lieu. Dernière initiative en date, le recrutement de 150 habitants qui participeront le 20 novembre à une performance de l'artiste Nicolas Frize.
"Il faut accompagner. On peut pas présenter une oeuvre d'art de façon autoritaire", souligne Savine Faupin, conservatrice au LAM, un musée d'art contemporain à Villeneuve-d'Ascq (Nord).
Un travail d'accompagnement pourrait également cibler une partie du monde culturel, encore frileuse pour franchir le périphérique parisien. Une récente soirée anniversaire au MAC/VAL a attiré des journalistes de Londres, mais aucun de Paris.
Lors de l'inauguration, le 15 novembre 2005, le ministre de la Culture de l'époque, Renaud Donnedieu de Vabres, s'était fait excuser, provoquant la colère du président (PCF) du département, Christian Favier, reprochant au gouvernement d'ignorer ce "qui réussit en banlieue". Le ministre avait fait finalement le déplacement cinq jours plus tard.
"Mon Dieu! Est-ce que ça va marcher ?" Cinq ans après, la conservatrice du musée, Alexia Fabre, n'a pas oublié ses premiers doutes mais elle a désormais quelques certitudes : le musée d'art contemporain du Val-de-Marne (MAC/VAL) a vu défiler plus de 420 000 visiteurs depuis sa naissance, le 15 novembre 2005.Contemplant une sculpture signée Jean Dubuffet, ce bâtiment de 4 000 m2 traversé d'immenses verrières a abrité des oeuvres de Christian Boltanski, Nan Goldin ou Andy Warhol, tout en dévoilant une imposante collection permanente."L'art surgit là où ne l'attend pas", proclamaient des pancartes au moment de la construction du musée à Vitry, commune populaire de 85 000 habitants et bastion du PCF."Les gens ne...
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