Plus d'eau depuis cinq jours. Une canalisation toute neuve de 20 millimètres pour 180 familles.Cette toilette que l'on ne peut plus vider et qui commence à sentir. La vaisselle qui s'empile, une famille de cinq personnes qui n'a pas pris de douche depuis cinq jours. Un papa qui a honte de demander à quelqu'un s'ils pourraient aller prendre une douche chez eux.
Couper l'eau, M. Jean Hawa, maire de Safra, pour quelque raison que ce soit, c'est une preuve qu'il y a faille en la mairie, une preuve de laisser-aller, de mépris de ses électeurs.
S'il vous plaît, monsieur, laissez-nous vivre comme des humains, pas comme des bêtes. En passant, y a de l'eau chez vous ?
La soupe aux choux
L'acteur nous saoule. Il va, il vient, à droite, à gauche, à l'est, à l'ouest, tourne comme une toupie, saute, sursaute, disparaît, revient, fait sa soupe aux choux, la renverse, en fait une autre, la distribue...
Nous sommes tous atteints du syndrome de Ménière, connu sous le nom de labyrinthite : nausées, vertiges, déséquilibre. Médicalement, ce syndrome s'en va, revient quand il veut.
Notre acteur a finalement trouvé la solution à notre vertigo permanent, à toutes nos suppositions : il déclare que la nouvelle soupe aux choux est prête : ce sont les extraterrestres qui ont perpétré tous les assassinats chez nous, puis ont disparu à bord de leurs ovnis par une nuit sans lune, emportant avec eux la toute nouvelle recette de la soupe aux choux. Grand bien leur fasse, dit-il et, de toute manière, les choux de cette année n'ont aucun goût. Na !
Avez-vous compris quoi que ce soit ? Non ? Moi non plus. Je me bourre de pilules antinausée. Vertigo ou pas, j'engloutis une salade de choux bien libanaise, assaisonnée d'ail, de sel, de citron et d'huile d'olive : un délice. Na !
Prier pour nos bourreaux
J'ai été attristée d'apprendre les nouvelles du massacre de l'église syriaque par des extrémistes en Irak. Je suis syriaque moi-même ; mon père est venu au Liban à l'âge de 11 ans en tant que réfugié en provenance de Turquie, dans des circonstances similaires et aussi tristes que celles des chrétiens d'Irak, suite à des massacres dont ont été victimes des membres de sa famille. Aujourd'hui, une famille bien de notre famille.
Je me souviens que ma grand-mère a toujours prié chaque jour pour tous, y compris les Kurdes, et m'a appris à les aimer. Je n'arrivais pas à comprendre alors comment elle pouvait leur pardonner et, pire encore, prier pour eux et les aimer après ce qu'ils avaient fait à sa famille. Mais je comprends aujourd'hui que la tolérance est la chose la plus importante au monde, et que les actes isolés et horribles comme ceux dont l'Irak est le théâtre ne feront que renforcer mon amour pour les autres, quelle que soit leur religion.
Je sympathise profondément avec les syriaques. Mais j'espère qu'ils pourront prier pour ceux qui les ont agressés. Sur la Croix, Jésus dit : « Seigneur, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. »
N'oublions pas de prier aussi pour les Palestiniens qui sont humiliés et massacrés tous les jours par les Israéliens en Palestine.
De nouveau Aïn el-Remmaneh
Avec une épaisse fumée noire qui enveloppa la banlieue sud de Beyrouth, côté Aïn el-Remmaneh, les Libanais, qui déjà vivent sur leurs nerfs, ont cru un temps - et surtout sur cette ancienne ligne de démarcation où deux immeubles ont pris soudainement feu - que la guerre avait commencé. Ils se sont rendus compte par la suite que deux dépôts contenant des produits de peinture et d'autres dépôts contenant des médicaments, des pneus et des huiles de voiture avaient soudainement explosés, enveloppant la capitale d'une odeur très toxique et obligeant un grand nombre de citoyens à passer une nuit blanche.
Il est urgent que l'État et les responsables concernés se mobilisent et ordonnent une enquête sur l'origine des produits utilisés pour éteindre ce genre d'incendie et qui ne soient point nocifs pour l'environnement durant leur utilisation, et surtout après,des produits totalement écologiques, sans danger pour l'homme, l'animal et l'environnement. Enquêter aussi pour empêcher que ce genre de drame ne se répète, avant d'équiper nos grandes artères de bornes à incendie ou hydrants, qui sont de gros robinets pour aider les pompiers dans leur mission. Il importe enfin de retirer du Grand Beyrouth et au plus tôt ce genre de produits, véritables bombes à retardement, stockés dans les quartiers résidentiels ou dans les sous-sols.
Claude BEAUMIER
La soupe aux chouxL'acteur nous saoule. Il va, il vient, à droite, à gauche,...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef