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Liban

Nasrallah menace de « couper la main » qui arrêtera des membres du Hezbollah

C'est en quelque sorte le « discours de la dernière chance » que le secrétaire général du Hezbollah a prononcé hier à l'occasion de la « Journée du martyr ». Après avoir développé « les cinq étapes du complot ourdi contre la résistance par les États-Unis », qui, selon lui, ne voient la région qu'à travers les intérêts d'Israël, assurant que l'acte d'accusation du TSL en est le dernier acte, il a invité les Libanais à saisir « la chance en or » qui leur est offerte par les efforts syro-saoudiens pour surmonter cette crise. Hassan Nasrallah a affirmé que nul ne doit se tromper et croire que la résistance se laissera accuser, ajoutant que la main qui se tendra pour arrêter l'un des siens sera coupée.
OLJ
12/11/2010
Devant un parterre nombreux et enthousiaste, comme à l'accoutumée, Hassan Nasrallah a prononcé un de ses plus longs discours, surprenant son auditoire en n'entrant pas dans les détails de l'enquête internationale et du TSL. Il s'est contenté d'un développement politique visant à montrer à ses auditeurs ce qu'il a qualifié de « complot américain contre le Liban, qui se poursuit depuis plusieurs décennies et vise à détruire la résistance et la coexistence libanaise pour servir les intérêts israéliens », se basant sur des ouvrages parus récemment, notamment les Mémoires de Tony Blair et de George Bush, et sur une lettre présumée envoyée par le secrétaire d'État américain de l'époque Henry Kissinger à Raymond Eddé, datant de 1976 et qui aurait selon lui été publiée dans le quotidien an-Nahar (il a d'ailleurs invité les jeunes chrétiens du 14 Mars à la lire attentivement).
Le secrétaire général du Hezbollah explique ensuite que depuis la victoire de 2000 qui a vu la fin du projet sioniste du Grand Israël, la résistance est devenue la cible constante des complots américano-israéliens qui se divisent en 5 actes.
« Le premier acte est l'adoption de la résolution 1559 qui a voulu placer le Hezbollah en confrontation avec la communauté internationale. Le second acte commence avec l'assassinat de Rafic Hariri et la volonté d'appâter le Hezbollah en lui faisant miroiter les avantages du pouvoir pour le pousser à renoncer à ses armes. Le troisième acte a été la guerre de juillet 2006 et le quatrième acte a commencé avec les décisions du gouvernement prises le 5 mai 2008 avec l'aval des États-Unis et, enfin, le cinquième acte se traduit par l'acte d'accusation du TSL », a-t-il dit.
Hassan Nasrallah passe en revue chacune de ces étapes et montre comment la communauté internationale et plus particulièrement les États-Unis « n'ont pas compris le Hezbollah et se sont trompés », laissant ce dernier « remporter la victoire ». Il a assuré en conclusion que la résistance « gagnera cette fois encore ».
Concernant le premier acte, il a rappelé des propos du ministre israélien des AE Sylvain Shalom lorsqu'il a précisé avoir entrepris une tournée internationale pour placer le Hezbollah en confrontation avec la communauté internationale. « Et ce souhait a pris forme lorsque les volontés des présidents Chirac et Bush se sont croisées à travers la résolution 1559. » Il a aussi affirmé que le même Shalom a récemment déclaré que l'acte d'accusation du TSL va aboutir à l'application de la 1559.
Concernant le second acte, Hassan Nasrallah a expliqué comment « le plan du président Chirac consistait à attirer le Hezbollah vers le pouvoir » pour le pousser à renoncer à ses armes. Il a révélé qu'à l'époque, des « appâts attrayants ont été proposés à la communauté chiite ». Le président Chirac, a-t-il précisé, avait même proposé aux autorités iraniennes le partage du pouvoir au Liban en trois tiers (chrétiens, sunnites et chiites). En contrepartie, la communauté chiite devra se retirer du conflit israélo-arabe, se séparer de la Syrie et prendre le train américano-israélien. Mais là aussi, selon lui, la communauté occidentale n'a pas compris que la résistance « n'est pas une plate-forme de compromis ».
Le troisième acte s'est joué à travers la guerre de 2006. Le secrétaire général du Hezbollah a repris ici des extraits du livre de Mémoires du président américain George Bush qui explique qu'il a volontairement prolongé cette guerre pour permettre à Israël de gagner. « Mais après une réunion d'évaluation au Conseil national de sécurité américain, il est apparu qu'Israël était en difficulté et que si la guerre se poursuivait, la catastrophe serait grande. C'est ainsi qu'il a eu recours au Conseil de sécurité de l'ONU et ce fut la résolution 1701 ». Bush, précise Hassan Nasrallah, a affirmé avoir eu recours au Conseil de sécurité pour trois raisons : sauver Israël (il s'est aussi demandé si le 14 Mars accepte cela), sauver l'image des États-Unis dans la région et sauver le gouvernement démocratique de Siniora. Il ajoute que là, il ment. Il pose ensuite des questions sur l'attitude de certains responsables du 14 Mars pendant la guerre de 2006, assurant que les 1 140 martyrs tombés pendant cette guerre méritent aussi de connaître la vérité sur cette question.
« Le quatrième acte s'est joué le 5 mai 2008, avec les décisions du gouvernement prises avec l'accord des États-Unis pour provoquer une discorde entre sunnites et chiites », a-t-il poursuivi, avant d'ajouter : « Le cinquième acte se joue actuellement et consiste à vouloir frapper la résistance et ternir son image à travers l'acte d'accusation. » Mais là aussi, affirme Hassan Nasrallah, « ils ont cru que comme le Hezbollah tient à son image, il cédera et ses alliés s'éloigneront de lui. Ils ont donc une nouvelle fois une mauvaise estimation. Le Hezbollah n'acceptera aucune accusation de ce genre et l'opposition est soudée ».
Le leader chiite rend ensuite hommage à l'initiative du roi Abdallah pour tenter de résoudre la crise et aux efforts conjoints déployés avec le président syrien Bachar el-Assad. Il estime que ces efforts sont une chance sérieuse pour le Liban et ajoute que tout accord aura l'aval de l'Iran. Mais sentant que ces efforts avaient des chances d'aboutir, certains Libanais ont alerté, selon lui, les États-Unis pour qu'ils exercent des pressions sur le roi Abdallah, le régime syrien, le président Sleiman, Walid Joumblatt et l'opposition. Il précise que certains Libanais vivent dans l'illusion, celle d'un conflit entre l'armée et la résistance et celle de la discorde entre sunnites et chiites.
Hassan Nasrallah conclut son discours par une série d'affirmations : « Ceux qui croient que la résistance acceptera l'accusation de l'un des siens se trompent, quelles que soient les pressions exercées. Ceux qui croient que la résistance acceptera l'arrestation d'un de ses moujahidine se trompent et la main qui se portera contre lui sera coupée. Ceux qui croient que la résistance ne se défendra pas contre toute accusation se trompent. Elle le fera si elle est agressée de la manière qu'elle choisira et en accord avec ses alliés. Ceux qui croient que la menace d'une guerre israélienne effrayera la résistance se trompent. Celle-ci attend ce jour pour réaliser sa grande victoire. Ceux qui misent encore sur les États-Unis se trompent, car ceux-ci reculent et sont perdus et quand ils étaient à leur apogée ils les ont laissés. Vous avez perdu toutes les occasions de mettre la situation dans le droit chemin. Il en reste encore une. Nous avons demandé de juger les faux témoins. Or ceux-ci sont protégés. Celui qui veut la vérité et la justice doit faire juger les faux témoins. Mais ce dossier peut toucher de grosses têtes et constituera le plus gros scandale politique de la région. Il existe encore une chance de sauver le pays du complot américano-israélien. Il y a un effort syro-saoudien. Vous devez choisir, soit donner le pays aux Américains, soit nous asseoir à la même table et discuter en toute franchise et nous collaborons avec les Syriens et les Saoudiens. Mais que nul ne croie que nous sommes des accusés, car celui qui nous accuse est celui qui a tué... ».
Hassan Nasrallah termine en promettant une nouvelle victoire à son camp, « comme ce fut le cas avec les actes précédents ».

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