surfaces, etc. Comme si leur profit se faisait sur le dos des Libanais ! Le promoteur est-il le seul responsable de la loi du métrage des appartements au Liban ? Celle-ci impose à l'acheteur de payer l'épaisseur des murs, les bacs à fleurs, les escaliers et la cage d'ascenseur (pourtant un espace vide). Cette loi alourdit la facture et limite l'accès à la propriété pour les acheteurs potentiels.
Pourtant depuis cinq ans, et faisant fi de la situation politique et sécuritaire du pays, des centaines de promoteurs ont lancé des projets résidentiels dans tous les quartiers de l'agglomération de Beyrouth. Ils ont pris des risques financiers en investissant. Finalement, leur initiative procure du travail et rapporte des rentrées financières à l'État. Ainsi, l'immobilier est l'un des piliers de l'économie locale.
Récemment, le marché immobilier libanais a été épargné par la crise financière mondiale. Après de longues années de stagnation dans les années 1990, le secteur s'est réveillé, boosté par une demande de la part de la diaspora libanaise. Suite à de longues années de méfiance et un manque d'intérêt pour investir au Liban, ces derniers ont montré un intérêt croissant à partir de 2005. Ce phénomène a coïncidé avec le retrait graduel du marché des investisseurs arabes du Golfe. Les promoteurs ne sont pas, en définitive, les seuls responsables de la hausse des prix au cours des dernières années, mais c'est bien la demande constante et l'appétit des clients locaux et expatriés qui ont dynamisé le marché.
Cette demande continue d'exister et l'intérêt pour des appartements principalement de 120 à 250 mètres carrés est réel, que ce soit à Beyrouth ou dans sa périphérie. Mais dans le contexte politique actuel, les acheteurs ne sont prêts à payer leur appartement qu'à sa juste valeur. Celle-ci doit suivre quelques règles simples, c'est-à-dire une combinaison de trois facteurs : l'incidence foncière du terrain, le coût de construction de l'appartement et le bénéfice légitime sur l'investissement du promoteur, qui peut varier de 15 à 20 % par an. Actuellement, les promoteurs sont pénalisés par la gourmandise des propriétaires fonciers. Ainsi, le premier responsable de la hausse des prix et de l'incapacité de la majorité des Libanais à devenir propriétaires est la cherté du foncier.
Raja MAKAREM
Codirecteur de la société immobilière Ramco

