Cette étude menée par la faculté des sciences de l'Université Saint-Esprit de Kaslik, en collaboration avec l'ordre des pharmaciens, démontre également que certains de ces produits analysés renferment par ailleurs d'importantes quantités de caféine, qui pourrait être synthétique, ainsi que des traces de phénolphtaléine et de phenytoine, deux substances chimiques. Les résultats finaux de cette analyse seront divulgués prochainement.
Lancée sur le marché il y a plus d'une décennie, la sibutramine était essentiellement utilisée comme un traitement d'appoint contre l'obésité. En juillet 2007, « l'importation, la préparation, la prescription et la délivrance de préparations magistrales contenant de la sibutramine ont été interdites en France », par décision du directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire de produits de santé (Afssaps).
En janvier 2010, l'Afssaps a suspendu l'autorisation de mise sur le marché de ce médicament, se basant pour ce faire sur les « résultats d'une étude à long terme (Scout) qui démontrent une augmentation du risque de complications cardiovasculaires et une efficacité modeste chez les patients traités par ce médicament antiobésité ». Un communiqué de l'Afssaps avait souligné que « ces résultats ont conduit l'Agence européenne du médicament (EMA) à recommander la suspension de son autorisation de mise sur le marché ». De son côté, l'agence française a recommandé « aux prescripteurs de ne plus instaurer ou renouveler un traitement comprenant de la sibutramine » et invité les patients traités par ce médicament « à consulter sans urgence leur médecin pour discuter de la conduite à tenir ».
De son côté, le Comité consultatif pour les médicaments endocriniens et métaboliques de la Food and Drug Administraion (FDA) aux États-Unis avait en octobre 2010 conseillé à son tour de retirer l'autorisation de mise sur le marché de ce médicament, ou « du moins de ne plus le commercialiser que sous de très sévères restrictions ».
Outre le risque de complications cardiovasculaires, la sibutramine augmente la tension artérielle. Elle entraîne également une sécheresse buccale, une augmentation de l'appétit, une constipation, des troubles gastriques, des troubles du sommeil, des vertiges, des maux de tête, des crampes menstruelles et des douleurs musculaires. Dans certains cas, la sibutramine peut être à l'origine de changements d'humeur, d'arythmie cardiaque, de dépression...
Naturels ou pas, il n'est plus permis dans un pays qui se flatte d'être l'hôpital du Moyen-Orient de constater cette anarchie dans la vente de tels produits, que ce soit dans les médias, dans les pharmacies, voire les boutiques de certains de leurs promoteurs. Il est grand temps que les autorités concernées assument leurs responsabilités et qu'elles commencent au moins par appliquer une loi émise en mars dernier, stipulant l'interdiction de la publicité sur ces produits dits naturels. Affaire à suivre...


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