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Culture

Fady Noun : « Au rendez-vous de l’aube »*

Ce nouveau et beau recueil de Fady Noun exprime un cheminement dans le clair-obscur de la condition humaine, afin de comprendre et de dire « le mystère de l'être »... Avec pour guide l'intuition, la méditation et l'expression poétique, dans leur plénitude et leurs béances, dans leur force et dans leur fragilité, dans leur ouverture sur l'infini et dans leurs limites, le poète nous engage à aller avec lui vers ce qui « fleurit en pleine nuit »...

Nourrie de la limpide parole de Dieu et exprimée dans un langage personnel, à la fois classique et moderne, sa quête de sens propose un renversement des priorités et des attitudes existentielles, fondé sur cette expérience de la présence et de l'action de Dieu dans l'histoire de chacun et de tous.
Tout le long de son ouvrage, Fady Noun ne cesse de chuchoter à l'oreille de son auditeur que seule cette présence peut donner racine, sève, arborescence, fructification et efficacité à la parole humaine. C'est ce qui lui permettra de devenir pareille à ce chêne qui, nous dit-il dans l'un des textes les plus mystérieux et les plus émouvants de son recueil, le fascine depuis son enfance et qui continue de croître dans sa mémoire.
Si mystique soit-elle, cette quête des sens ne s'enferme pas dans un jeu poétique désincarné. Elle affronte, et de face, et dans sa brûlante actualité, l'histoire, en particulier celle du Liban et du Proche-Orient contemporains... Mais si, dans un vigoureux langage apocalyptique, elle crie son horreur devant la «monstrueuse régression de l'humaine condition», elle ne se ferme jamais à l'espérance... Et même si elle n'élucide pas tout le mystère de la présence humaine au monde, même si elle ne consiste, comme elle le dit dans une originale et saisissante formule, qu'à «poser des tuiles rouges sur des dessins d'enfant», elle demeure toujours fidèle à sa vocation.
Le poème intitulé «Mont-Liban» est l'un des aboutissements de cette recherche poétique. Construit avec beaucoup de belle et pure simplicité, avec les matériaux du langage poétique de l'enfance (l'anaphore, l'énumération, le langage familier de tous les jours), il révèle la soif intérieur du poète: celle d'un Liban où toutes les créatures se reconnaissent elles-mêmes et les unes les autres comme «verbes de Dieu»...
Ce n'est que dans un cheminement de nos paroles et de nos silences vers Dieu, leur alpha et leur oméga, ainsi que dans leur ressourcement et dans leur irrigation par la parole, que nous pourrons nous émerveiller de comprendre et même de parler le langage des «fleurs» qui illuminent les jours et les nuits de nos solitudes et de nos communions, de nos souffrances et de nos joies, de nos erreurs et de nos vérités, de nos finitudes et de nos infinitudes!... C'est la voie vers laquelle ce livre de Fady Noun nous fait signe et nous presse de venir l'y accompagner...

Élie MAAKAROUN

* Signature : aujourd'hui samedi 30 octobre de 17h00 à 18h30, stand des éditions Dergham (E2).
Nourrie de la limpide parole de Dieu et exprimée dans un langage personnel, à la fois classique et moderne, sa quête de sens propose un renversement des priorités et des attitudes existentielles, fondé sur cette expérience de la présence et de l'action de Dieu dans l'histoire de chacun et de tous.Tout le long de son ouvrage, Fady Noun ne cesse de chuchoter à l'oreille de son auditeur que seule cette présence peut donner racine, sève, arborescence, fructification et efficacité à la parole humaine. C'est ce qui lui permettra de devenir pareille à ce chêne qui, nous dit-il dans l'un des textes les plus mystérieux et les plus émouvants de son recueil, le fascine depuis son enfance et qui continue de croître dans sa...
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