Ces mots sont ceux du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui s'exprimait hier après un entretien avec Nabih Berry.
Pressé de confirmer ou d'infirmer des rumeurs concernant un éventuel compromis sur le TSL comme rapporté par certains médias, compromis que Nicolas Sarkozy serait prêt à appuyer si les Libanais étaient d'accord sur cette question, il a répondu : « Mais d'où vient cette idée de compromis ? J'étais présent à la rencontre Sarkozy-Sleiman à Montreux et rien de ce genre n'a été dit », rappelant qu'il faut que les choses s'apaisent avant la parution de l'acte d'accusation, « cet acte dont personne ne connaît le contenu », et relevant que la question des faux témoins « n'est qu'un problème additionnel mais ce n'est pas cela qui compte. Il ne faut pas compliquer les choses. La justice internationale s'active au niveau du respect des droits de l'homme et de l'application de la justice, mais si quelqu'un tentait d'intervenir dans le cours de la justice internationale, cela pourrait avoir des effets contraires », a prévenu le locataire du Quai d'Orsay.
Prié de dire si le gouvernement Hariri est menacé, Bernard Kouchner a souhaité qu'il « n'en soit pas ainsi. J'ai évoqué cette question avec le président Berry en me remémorant les époques où tout était bloqué, et il pense qu'il faut être fidèle au Premier ministre choisi, élu ».
Le ministre français avait commencé par évoquer les multiples tensions tant libanaises que régionales et « qu'il faut apaiser », ainsi que « ce que l'on appelle dans le langage diplomatique les irritants », estimant qu'ils sont « très nombreux en ce moment au Moyen-Orient ». Il faisait notamment allusion au dossier israélo-palestinien, et il s'est arrêté sur « la perspective » d'une rencontre au sommet de Barcelone le 21 novembre prochain. « J'espère que ces rencontres israélo-palestiniennes seront positives car je pense que les choses vont avancer un petit peu », a-t-il jugé.
Bernard Kouchner a également commenté la visite au Liban du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un déplacement « qui s'est bien passé sur le plan protocolaire mais qui n'a pas été apaisant, et c'est le moins que l'on puisse dire parce que ses propos au Liban-Sud n'étaient pas des paroles de paix ».
« Notez qu'il y a au Liban des problèmes de communautés, en premier lieu le problème majeur entre sunnites et chiites, mais ceci n'est pas une question libanaise mais régionale. Nous pensons que c'est en créant et en acceptant un État palestinien que les choses pourraient commencer à se débloquer », a-t-il indiqué, assurant aux journalistes libanais que s'ils souhaitent une Celle-Saint-Cloud II, la France est « prête. Et bien sûr que le président Berry accepterait cette initiative, sauf qu'il y a beaucoup de choses à discuter et à régler. Pour ce qui est de la situation au Liban, la rencontre Assad-Abdallah à Beyrouth était positive, est-ce qu'elle a débouché sur un espoir formidable ? Je l'espère, et je souhaite que cet espoir demeure ».


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