La visite en France du président Nabih Berry a été officiellement annoncée hier par le Quai d'Orsay qui a fourni aux médias, sous forme de déclaration de son porte-parole, des informations minimales sur le programme et les entretiens du chef du législatif libanais avec les hauts responsables français, notamment une audience à l'Élysée, une rencontre avec le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, et les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, respectivement MM. Bernard Accoyer et Gérard Larcher.
Au-delà des questions bilatérales franco-libanaises portant sur la coopération parlementaire avec la signature d'accords interparlementaires, la situation au Liban et dans la région et le processus de paix évoqués officiellement comme étant les points forts de cette visite de M. Berry, des milieux politiques et parlementaires français estiment que la présence du n° 2 libanais sur les bords de la Seine acquiert une grande importance du fait des vives tensions que l'on connaît au pays du Cèdre, et en particulier le clivage vertical inédit qui risque de scinder le pays en deux à quelques mois ou même quelques semaines de la publication par le TSL de l'acte d'accusation mettant en cause le Hezbollah dans l'assassinat de Rafic Hariri.
Pour les responsables français qui considèrent le chef du Parlement libanais comme étant une personnalité modérée du fait de ses fonctions et aussi d'allié très fréquentable du Hezbollah, il y a de fortes chances que le président Sarkozy et les autres responsables français profitent de ces réunions franco-libanaises pour sonder les intentions du parti de Dieu sur ce qu'il pourrait faire et surtout jusqu'où il pourrait aller dans la confrontation avec la communauté internationale qui soutient si fermement le TSL et l'acte d'accusation sur lequel il travaille.
Selon un député français, il y a un double pari à ce niveau, pour ne pas user de l'expression « pari mutuel », puisque M. Berry pourrait également sonder les intentions de la France en cas d'affrontement avec le Hezbollah, Paris étant un des soutiens les plus fermes du TSL et affirmant sans cesse que cette instance internationale travaille en toute indépendance et niant qu'elle soit instrumentalisée par qui que ce soit.


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