« Nous ne faisons cas ni du 14, ni du 15, ni du 16 Mars... Ce sont des temples en carton », a-t-il dit, dans le cadre d'une interview au quotidien koweitien al-Rai à paraître aujourd'hui. « Ce qui nous préoccupe, c'est le peuple libanais, la sécurité de la Syrie et du Liban, et les relations stratégiques entre les deux parties », a-t-il dit. « Toutes ces questions là sont essentielles. Quant au 14 et 15 Mars... Mais qui sont ces gens ? Ils sont apparus sur la scène comme un groupe aux opinions divergentes qu'ils expriment comme ils veulent et avec les moyens du bord... Mais la Syrie ne prend pas ces appellations au sérieux », a poursuivi M. Otri.
Le Premier ministre syrien a rappelé que le président syrien Bachar el-Assad avait dit, par le passé : « Nous traitons avec tous les Libanais de la même distance. Nous tenons à chacun de ceux parmi nos frères libanais qui sont convaincus de la relation étroite avec la Syrie et qui cherchent à lui donner corps. Quant à ceux qui œuvrent contre cette relation, c'est une autre histoire. »
Concernant les 33 mandats d'arrêt, M. Otri a souligné qu'« il s'agit uniquement d'une affaire judiciaire qui n'a aucune répercussion sur les relations libano-syriennes ». Il a indiqué, dans ce cadre, que les contacts avec le Premier ministre Hariri sont courants.
« Il se pourrait que la partie judiciaire ait transmis la plainte déposée par le brigadier Jamil Sayyed qui englobe un certain nombre de Syriens devant le pouvoir judiciaire. Le juge d'instruction enquête minutieusement et, à travers l'émission de commissions rogatoires, il cherche à écouter. En cas de refus, la justice a son mot à dire. Par conséquent, la tempête dans un verre d'eau créée autour de cette affaire n'a aucun sens. Cette affaire n'a pas sa place dans les relations fraternelles et développées entre les deux pays », a-t-il dit.
Interrogé sur l'acte d'accusation du TSL et la polémique en cours au Liban sur cette question, le Premier ministre syrien a indiqué que Damas « ne traite pas avec des parties, mais avec l'État libanais, avec le président de la République, Michel Sleiman ». « Il existe des orientations d'action sur lesquelles nous sommes d'accord, et sur base desquelles nous œuvrons. Quant aux conflits sur la scène libanaise entre les parties et les frères, ils disparaissent. Il existe un phénomène chez nos frères libanais : ils se disputent le matin et s'entre-tuent, et le soir se réunissent autour du narguilé », a-t-il indiqué.
« Nous devons toujours être présents et mobilisés face à ce qui se trame » au Liban-Sud, en l'occurrence l'éventualité d'une nouvelle guerre, a poursuivi le Premier ministre syrien, « dans la mesure où l'ennemi israélien se bat toujours hors de ses frontières ». « Nous avons une responsabilité en tant que forces de soutien à la résistance, et vis-à-vis du peuple libanais frère, celle d'assurer tous les moyens pour faire face à cette éventualité. C'est ce qu'affirment nos frères libanais à travers des déclarations diverses, à savoir qu'ils protègent le Liban de toute agression à laquelle Israël pourrait songer. Cela s'applique aussi à la Syrie. Si Israël songe un jour à attaquer soit le Liban, soit la Syrie, la réponse sera douloureuse, au sens le plus littéral du terme. Israël pourra-t-il contre-attaquer ? Telle est la question », a-t-il conclu.


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