Rechercher
Rechercher

Liban - Crise

Démarches « intensives » de Washington pour éviter la déstabilisation du Liban, selon Feltman

Le secrétaire d'État adjoint américain assure qu'il n'y a pas d'alternative au TSL et rejette l'équation « tribunal = instabilité ».
Dans une interview au quotidien al-Hayat, publiée hier, le secrétaire d'État adjoint Jeffrey Feltman a fait état de contacts tous azimuts des États-Unis pour empêcher toute déstabilisation du Liban.
« Les Libanais savent que le danger d'instabilité ne vient pas du TSL, mais précisément de ceux qui parlent tout le temps des risques d'instabilité. En réalité, c'est l'absence de justice qui mène à l'instabilité. Par conséquent, l'alternative posée entre le tribunal et la stabilité n'est pas une vraie alternative. C'est le Hezbollah et d'autres qui essaient d'imposer cette équation aux Libanais », déclare M. Feltman.
« Tous ceux qui, dans le monde et dans la région, sont comme nous des amis du Liban rejettent cette équation artificielle et irréaliste », ajoute-t-il, précisant que Washington « s'emploie à mener des concertations avec ses amis et ses alliés sur les moyens de consolider le soutien à la souveraineté et à l'indépendance du Liban ».
« Hélas, il y a des forces à l'intérieur du Liban qui tentent de déstabiliser le pays. Le plus important est d'empêcher toute violence d'éclater, de montrer notre soutien à l'armée et aux institutions nationales et de rassembler tous les amis du Liban en mesure d'envoyer les signaux nécessaires pour éviter des heurts », dit-il.
Sans donner à ces efforts un cadre particulier, M. Feltman souligne qu'il s'agit d'une « coordination intensive et à grande échelle entre les États-Unis et un certain nombre d'États ».
Au sujet du rôle syrien, il rappelle que lors de son dernier entretien avec son homologue syrien, Walid Moallem, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a expliqué que « le soutien de Washington à la souveraineté du Liban et à son indépendance continue de faire partie de nos relations bilatérales avec la Syrie ».
Réclamant « davantage de mesures, de la part de Damas, pour soutenir la stabilité et la souveraineté du Liban », il ajoute : « Du moment qu'il existe des relations diplomatiques entre les deux pays, il paraît logique que si les Syriens ont des craintes quelconques, qu'ils les exposent par la voie bilatérale, au lieu de se livrer à des initiatives unilatérales de nature à alourdir le climat et accroître la tension au Liban-Sud. »
Tout en affirmant ne pas vouloir minimiser l'importance de l'alliance syro-iranienne, M. Feltman estime que cette alliance « n'est pas nécessairement un facteur permanent sur la scène moyen-orientale. Ce sont, après tout, deux États cherchant chacun à satisfaire ses propres intérêts. La Syrie se flatte d'être un État laïc, ce qui n'est pas le cas de l'Iran et nous voyons depuis des années le désaccord syro-iranien sur l'avenir de l'Irak ».
Revenant à la situation libanaise, M. Feltman assure qu'il n'y a « pas d'alternative au TSL ». « Nous souhaitons naturellement que le Liban continue à contribuer au financement du tribunal, mais il existe d'autres possibilités de financement. Cette question ne nous inquiète pas », soiuligne-t-il.
Au sujet de la visite au Liban du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, il releve que ce dernier « a évoqué son soutien à l'État libanais, au président de la République et à l'unité libanaise », mais que, « dans ses propos tenus à Bint Jbeil, il a appelé à la division et au confessionnalisme ». « Regardons l'élection présidentielle iranienne et ce qui s'était passé avant et après. Il y avait eu de la fraude et de la répression contre les médias et la société civile, alors qu'au Liban, les médias sont libres et la société civile est dynamique. Je souhaite qu'Ahmadinejad ait appris du Liban quelques leçons pour l'Iran ».
Enfin, interrogé sur sa décision de visiter le chef du PSP, Walid Joumblatt, lors de son récent passage à Beyrouth, il dit : « Lorsque j'étais ambassadeur au Liban, nous étions amis et ma visite entre dans ce cadre. De plus, nous savons qu'il est très inquiet pour les druzes et pour tout le Liban d'une déstabilisation en raison du tribunal. Je devais donc entendre son point de vue à ce sujet et lui faire par de nos efforts tous azimuts pour réduire la tension, soutenir l'édification des institutions et renforcer la stabilité. »

La riposte de Fneich
Commentant les propos de M. Feltman, le ministre d'État pour la Réforme administrative, Mohammad Fneich, a estimé qu'ils suscitent de « forts soupçons ». « Toute cette quantité de pressions montre combien les États-Unis misent politiquement sur le TSL et l'acte d'accusation. Cela montre aussi combien les Américains sont embarrassés par toute décrispation au Liban et par tout renforcement des relations interarabes », a-t-il estimé dans une déclaration.
« Les Américains ne veulent ni la vérité ni la justice. Le plus important pour eux est de savoir comment protéger ceux qui servent leurs projets et en particulier Israël. Il n'y a pas d'autre explication pour comprendre ce nouveau langage américain à notre sujet et au sujet du TSL », a-t-il dit.
Dans une interview au quotidien al-Hayat, publiée hier, le secrétaire d'État adjoint Jeffrey Feltman a fait état de contacts tous azimuts des États-Unis pour empêcher toute déstabilisation du Liban.« Les Libanais savent que le danger d'instabilité ne vient pas du TSL, mais précisément de ceux qui parlent tout le temps des risques d'instabilité. En réalité, c'est l'absence de justice qui mène à l'instabilité. Par conséquent, l'alternative posée entre le tribunal et la stabilité n'est pas une vraie alternative. C'est le Hezbollah et d'autres qui essaient d'imposer cette équation aux Libanais », déclare M. Feltman.« Tous ceux qui, dans le monde et dans la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut