Walid Joumblatt en tournée dans le Metn-Sud, ici à Baalechmay, « pour continuer à calmer les esprits »... Photo Ramzi Musharrafieh
M. Joumblatt s'est rendu hier dans plusieurs villages du Haut-Metn, dans le cadre de la tournée qu'il a entamée depuis quelque temps dans plusieurs bourgades de la Montagne afin d'apaiser les esprits et de mettre en garde contre les dangers d'une discorde. Il s'est rendu à Baalechmay, Roueissat el-Ballout, Hléliyé, Abadieh et Chouit et dans les cinq localités, c'est pratiquement le même dicours qu'il a tenu.
M. Joumblatt a ainsi souligné à quel point la situation est critique dans le pays, rappelant que le sommet libano-syro-saoudien de Baabda s'est tenu « dans le but d'éviter au Liban les dangers découlant de la tension ». Après avoir affirmé qu'il souhaite « éviter le terme discorde utilisé par les autres », il a mis l'accent sur l'importance qu'il attache au sommet syro-saoudien de Riyad. « L'axe formé par l'Arabie saoudite et la Syrie est une garantie pour la stabilité du Liban », a-t-il estimé, avant de qualifier de « réussie » et d' « excellente » la visite du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, au Liban. « Tel est le soutien principal, à travers l'axe syrien, à la protection du Liban », a commenté M. Joumblatt, en se déclarant de nouveau en faveur de la résistance, « avec l'Iran et la Syrie, en attendant que la cause palestinienne soit, si possible, réglée ». « Et c'est pour empêcher que la résistance ou que la justice ne dérapent que le sommet d'Arabie saoudite se tient. J'espère qu'il débouchera sur des éléments positifs. J'en suis d'ailleurs persuadé », a-t-il ajouté, avant de plaider en faveur du maintien du calme, de concertations entre toutes les parties et du dialogue « qui peut régler le plus grand des problèmes ». Et de poursuivre : « Je n'ai jamais voulu dire que je tiens à tenir la Montagne à l'écart des tensions. Je souhaite pouvoir avec tout le monde, si possible, tenir le Liban à l'écart de ces tensions. » Il a jugé nécessaire d'assurer « sur le terrain un suivi du sommet syro-saoudien, parce que nous ne pouvons, nulle part au Liban, renoncer à la diversité, à la tolérance et au dialogue. Si l'ignorance, le fanatisme et la rancune prennent le dessus, ce sera la fin, notre fin à tous », a-t-il averti en rappelant la guerre de 1975 « qui a énormément coûté à tous, sans que personne n'en sorte vainqueur ». Dans le même contexte, il a jugé que « la page des événements du 7 Mai a été définitivement tournée ».
M. Joumblatt a insisté sur le rétablissement de « relations normales avec les leaderships partisans et politiques druzes, sans exception aucune ». « Nous sommes un groupe varié mais nous nous concertons au sujet de toutes les questions engageant le sort du pays », a-t-il expliqué, avant d'appeler à la préservation de la coexistence et de la diversité dans la Montagne. « Nous essayons, a encore dit le chef du PSP, de transmettre ce message à d'autres régions en proie à la tension à cause du dossier du Tribunal spécial sur le Liban. » M. Joumbatt a mis en garde contre « le jeu des nations, celles-ci étant à l'affût de la moindre brèche dans le paysage libanais ».


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