Et pourtant, je paie mes taxes régulièrement, toutes mes taxes, qu'elles soient foncières ou sur mon revenu annuel. Il m'est même arrivé de la payer à deux reprises pour échapper à un contrôle fiscal que nous faisait miroiter le ministère de la Finance. En voiture je m'efforce, contre vents et marées et malgré les contrevenants, encouragés par une police trop indulgente, a appliquer stricto sensu un code de la route, bien que désuet, mais somme toute existant et parfois aberrant. J'ai toujours respecté mon prochain et évité tout acte ou parole injurieuse envers quiconque, et tenté de résoudre mes différends à l'amiable pour ne pas affronter les méandres inextricables de notre justice nationale. Je me suis débarrassé de toutes les armes que je possédais, lourd héritage de la guerre civile ; j'ai jeté aussi bien les fusils mitrailleurs que les excellents fusils de chasse à canons superposés, et vous ne trouverez plus chez moi un simple canif à cran, tout au plus quelques couteaux de cuisine que je négocie d'échanger contre un couvert en plastique.
Évidemment, vous déduirez logiquement que je n'ai jamais participé, ni de près ni de loin, à un délit et moins encore à un crime, comme je n'ai jamais participé aux exactions armées qui ont ensanglanté régulièrement le pays, du nord au sud. Enfin, j'exècre la fonction d'espion à la solde de n'importe quelle cause ou État et, par conséquent, je n'ai jamais pratiqué ce genre d'activité ou en serais tenté dans l'avenir.
Et malgré tous ces larcins, le parquet syrien n'a lancé aucun mandat d'arrêt à mon encontre. Insisteriez-vous encore à me rabâcher qu'il y a justice en ce bas monde ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef