Après l'appel du secrétaire général du Hezbollah à réserver à l'hôte iranien un accueil chaleureux et digne des valeurs morales libanaises, des responsables du parti, ainsi que le vice-président du Conseil supérieur chiite et le ministre Talal Arslane et d'autres personnalités ont salué la visite, estimant qu'elle s'inscrit dans le cadre de l'appui inconditionnel de l'Iran au Liban et à la résistance contre Israël. Le député Walid Succarié, membre du Bloc de la résistance, a estimé qu'il fallait profiter de l'aide iranienne pour compléter l'équipement de l'armée, invitant les responsables libanais « à ne pas laisser passer cette chance ». De son côté, cheikh Abdel Karim Obeid s'est demandé pourquoi certains critiquent cette visite ? Il a ajouté qu'il existe « deux visions dans la région, la première acceptant le principe de la paix avec Israël et l'autre préférant la résistance, le président Ahmadinejad fait partie du second camp et c'est pourquoi nous l'apprécions tellement ». « Demain, il partira et un autre le remplacera, mais la ligne politique restera la même, celle des droits contre ceux qui les violent », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le parti Baas a tenu une réunion hier pour rendre hommage au président iranien et estimer que sa visite au Liban est historique. Quant à cheikh Abdel Amir Kabalan, il a insisté sur le fait que le président iranien confirmera son appui à tous les Libanais, sans distinction. « Il vient au Liban et traite avec l'État », a-t-il affirmé.
C'est justement ce point qu'a contesté le député du Akkar, Riad Rahhal, qui a refusé que la visite d'Ahmadinejad soit interprétée comme un appui à un camp contre les autres. Il a aussi critiqué le fait que la visite ait deux volets : un officiel et un autre partisan. Il a enfin émis le souhait que le président iranien n'adopte pas une attitude provocatrice, ajoutant toutefois que l'intérêt de l'Iran passe par le maintien de la tension au Liban.
Par le biais de la porte-parole adjointe du Quai d'Orsay, la France a de son côté affirmé qu'elle n'était pas inquiète de la visite du président iranien à Beyrouth, « car il s'agit d'une visite d'un chef d'État à un autre chef d'État ». Elle a aussi minimisé l'importance des accords commerciaux signés entre des hommes d'affaires libanais et iraniens, affirmant que ces accords bilatéraux n'ont rien à voir avec les sanctions décidées par le Conseil de sécurité et par l'Union européenne.
De son côté, le quotidien britannique The Guardian a estimé que le président iranien utilisera sa visite au Liban pour renforcer sa position interne face à ses rivaux, Ali Larijani et Hachémi Rafsandjani. De même que sur le plan libanais, elle est de nature à renforcer la position du Hezbollah. Le quotidien affirme que cette visite sera l'occasion pour Ahmadinejad de montrer aux États-Unis qu'il n'est pas isolé et que son périple au Sud est une provocation contre Israël. Même son de cloche chez le quotidien israélien Yediot Aharonot, qui a appelé les Libanais à la vigilance, ajoutant toutefois qu'Israël ne voit aucune « raison d'intervenir, d'autant qu'Ahmadinejad réserve ses provocations aux parties arabes... ».
Signalons par ailleurs que le ministre iranien de l'Habitat, Ali Nakzad Samarim, est arrivé hier au Liban, précédant la délégation officielle de son pays.
Enfin, l'Université libanaise décernera un doctorat honorifique en sciences politiques au président iranien, qui doit donner une conférence jeudi à 10h30 au campus de la cité universitaire Rafic Hariri à Hadeth.


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